Le rêve de Sam

Le rêve de Sam, Florence Cadier, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

le-reve-de-samSam est noir et, manque de chance, on est dans le sud des États-Unis dans les années 50. À cette époque et à cet endroit, la peau noire fait différence, la peau noire signe l’injustice, la peau noire veut dire que la vie n’est pas facile. Sam, et tant d’autres, se battent alors pour leurs droits.
Dans cette œuvre mi-fictionnelle mi-récit historique, on croise Rosa Parks et Martin Luther King. Sur fond de fresque historique, on suit un des possibles d’un personnage ayant pu exister, ayant dû exister. Forcément, la narration bouleverse, interroge, fait crier au scandale. On peut toutefois regretter que le fond historique soit par moment un peu trop narré comme factuel. Non pas qu’il eût fallu ajouter un faux pathos larmoyant, mais la personnalité des personnages s’effiloche par moment. Ceci mis à part, la lecture de ce roman est nécessaire, pour mieux connaître cette époque, ou pour découvrir une page d’Histoire, à ne pas oublier.

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Culottées, tome 2, Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent

Culottées, tome 2, Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, Pénélope Bagieu, Gallimard.

20170223_151409De nouvelles femmes. De nouvelles vies. Qui sont… tout à fait fascinantes !
Le premier tome était déjà une grande réussite. Ce tome 2 suit parfaitement le succès du premier : on retrouve le même talent qu’a Pénélope pour narrer et croquer des vies, nous faire découvrir des destins extraordinaires et nous captiver à chaque nouvelle femme. Les vies, souvent difficiles, toujours passionnantes, se découvrent et se dévorent d’une traite.
Voilà un indispensable à avoir dans toutes les bibliothèques ! Encore une fois, bravo Pénélope !

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La drague pour les nuls, en BD

La drague pour les nuls, en BD, Anaïs Delcroix, Thomas Rietzmann, Emmanuelle Teyras, First éditions.

drague-pour-les-nulsComment me suis-je retrouvée avec ce livre entre les mains ? Un mélange de curiosité et d’ennui, il faut bien l’avouer.
Bon, soyons clair, il est inutile d’acheter ce livre. Les conseils sont des clichés vus et revus et n’apporteront rien à ceux qui chercheraient de vraies pistes, ou très peu. Les dessins sont parfois humoristiques, mais… c’est souvent raté. Certaines blagues sont même totalement de mauvais goût, notamment lorsqu’elles concernent les couples homos. Bref bref, c’est aussi moyen que ce que l’on peut attendre de ce genre de titre. Vu comme cela, c’est donc réussi.

Geek Girl, tome 1

Geek Girl, tome 1, Holly Smale, Valérie Le Plouhinec, Nathan, Pocket Jeunesse.

geek-girlHarriet est une geek. Une vraie de vraie. Mais voilà que par hasard une agence de mannequinat la repère et que la jeune fille se retrouve à poser… tout en s’emmêlant dans un sac de mensonges.
Le roman répond exactement aux attentes présupposées que l’on peut avoir en voyant la couverture et en lisant le titre. Nous sommes bien en pleine chicklit malgré les (fausses) apparences. On a donc des clichés, des gags de situation et un brin d’amour. Au sein de son genre, le roman s’épanouit à merveille. Que dire de plus ? Rien, justement. Ce tome 1 correspond à ce que l’on attend de lui mais ne va pas plus loin. Forcément, pour moi, c’est un peu juste.

Effacés, tome 1, Opération 1, Toxicité maximale

Effacés, tome 1, Opération 1, Toxicité maximale, Bertrand Puard, Le Livre de poche Jeunesse, Hachette Jeunesse.

effaces-tome-1Neil est sauvé de justesse. Alors qu’il allait être sauvagement assassiné, le voilà secouru in extremis par la bande des Effacés, des ados qui, comme lui, ont été sauvés. Pour le reste du monde, ils sont morts, inexistants, effacés. Dans l’ombre, ils mènent alors une enquête de la plus grande importance, dans laquelle la vie de la moitié de l’humanité est en jeu.
Une bande d’ados réunis pour accomplir une mission ? On a un scénario assez classique. Un virus créé en même temps que le vaccin pour générer du profit ? Il est certain qu’on a déjà vu ça aussi. Pourtant, ça matche. Le rythme est bien haletant, la construction bien ficelée et quelques rebondissements peuvent surprendre si on méconnaît les clichés. Je suis certaine que ce premier tome peut donc grandement plaire à de jeunes lecteurs et qu’il leur donnera envie de lire la suite. Pour les adeptes du genre en revanche, on surfe trop sur du déjà-vu et, même si la lecture est agréable, elle n’en reste pas moins très convenue. Dommage, car l’auteur sait manier la plume et l’art du suspense. Un peu plus d’originalité pour une prochaine fois et ce sera parfait.

Big Easy

Big Easy, Ruta Sepetys, Bee Formentelli, Out of the easy, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

big-easyJo est fille de putain. Vivant dans une maison close, elle aspire pourtant à un monde meilleur. Même, elle voudrait entrer à l’université. Arrivera-t-elle à décloisonner les mondes des années 50 ?
Quand je découvre que l’auteur de Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre a écrit un autre roman, je l’achète les yeux fermés. Une plume aussi aboutie ne peut décevoir. Et pari gagné : Ruta Sepetys réussit encore une fois à captiver l’attention dès la première phrase choc du roman et ce jusqu’à la dernière page. La montée en suspense sur la fin ajoute même encore plus de dynamisme et il est alors impossible de ne pas dévorer le roman. Les personnages sont réalistes, les scènes intenses, les rebondissements surprenants et l’histoire totalement envoûtante.
Voilà une auteur que je ne cesserai de lire tant elle parvient à plonger son lecteur dans l’univers voulu tout en lui donnant un véritable intérêt pour l’histoire. Bref : bravo !

Prophecy, Tome 3

Prophecy, Tome 3, Tetsuya Tsutsui, David Le Quéré, Ki-Oon.

prophecyt3Les paperboys vont-ils vaincre ? Se feront-ils arrêter ? Qu’adviendra-t-il de celui qui a commencé à dénoncer le groupe ?
Après un premier tome explosif et un second beaucoup moins réussi, il y a deux possibilités : ou bien le tome du milieu souffre de la place du milieu et est le seul raté, ou bien tout a été dit dans le premier et la série ne fait que décliner. Heureusement, c’est ici la première possibilité !
Ce tome 3 redonne toute sa force au manga et rend la série finalement réussie. On retrouve la construction alambiquée en puzzle, des personnages forts, des surprises et des coups de théâtre. Bref, on se laisse bercer, on est au spectacle. Ouf.
Au final, la série est donc à retenir et, même si le tome du milieu est bancal, je la recommanderai sans hésiter en ajoutant cette précision.

Prophecy, tome 2

Prophecy, tome 2, Tetsuya Tsutsui, David Le Quéré, Ki-Oon.

prophecy-t-2On reprend l’histoire exactement là où l’on s’est arrêté au tome 1. Le rythme est tout de suite prenant et le lecteur reprend immédiatement ses marques au sein du récit. Mais… malheureusement, le contenu de l’histoire n’est pas aussi dense dans ce tome. La structure est plus simple et linéaire, et c’est bien dommage. Du coup, le manga s’apparente davantage à une simple histoire policière avec deux clans : paperboys et policiers. Où sont passés la surprise, la structure en puzzle, les rebondissements ? Ici, c’est beaucoup plus convenu. Dans ce tome 2, l’univers de Death Note est bien loin, on est bien en-dessous.
Pour autant, j’ai toujours envie de lire la suite, surtout pour connaître le dénouement.

Breizhskin

Breizhskin, Dav Guérin, Craoman, Ankama.

breizhskinAttention, univers apocalyptiquement horrible. Nous voilà plongés dans une rencontre avec une bande de skins, gravement atteints par un niveau de méchanceté, de barbarie, de racisme, bref de profonde débilité. Que ce soit par l’image torturée ou par les scènes décrites, il est certain que le lecteur saisit d’amblée l’atmosphère atroce de l’univers décrit.
Cette immersion dans le monde des skins ne laisse pas le lecteur intact, et j’ai été fort contente de la quitter tant le réalisme secoue. Toutefois, il est encore malheureusement nécessaire de continuer à le dénoncer. Voici une bande dessinée qui dérangera peut-être mais dont la lecture laissera forcément des traces.

breizhskin-interieur

Câlins assassins

Câlins assassins, Delphine Paquereau, Maxmilo.

20170209_091543Ce témoignage est celui de l’auteur, qui a subi le syndrome de Münchhausen par procuration dont est atteinte sa mère. En gros, la mère est persuadée, ou se persuade, que son enfant est malade et, à force de consultations et d’examens, finit par se faire entendre par le corps médical. Cela coûte, entre autres, un rein à la petite Delphine.
Je comprends que l’auteur ait pu avoir besoin de reconstituer le puzzle de son enfance et de chercher à connaître au mieux la chronologie des faits. Cela lui permet forcément d’avancer, du moins c’est le but escompté. Après, je suis toujours partagée par l’intérêt éditorial de ce genre de récit : a-t-on, nous, lecteurs lambdas, besoin, ou même le droit, de découvrir une part aussi intime de la vie privée d’un individu ? Certes, cela permet de découvrir un syndrome, que pour ma part je méconnaissais, et de voir l’étendue possible de l’horreur. Mais voilà, la lecture s’est révélée pour moi très difficile. C’est vraiment horrible de voir à quel point certains parents peuvent mal de comporter avec leur propre enfant. Je suis donc ressortie de cette lecture assez abasourdie.
Dernier point, le choix de la maison d’édition. On connaît Maxmilo pour ses nombreux couacs en gestion éditoriale. Mais alors atteindre un tel niveau de mauvaise édition frise l’incompétence totale. Des points qui manquent, des espaces mal gérés, de très nombreuses fautes non corrigées… c’est l’apocalypse éditoriale. Bref, encore une fois, Maxmilo rate une occasion de briller.