Lettre à mon ravisseur

Lettre à mon ravisseur, Lucy Christopher, Catherine Gibert, Gallimard Jeunesse, scripto.

Lettre à mon ravisseurGemma est enlevée. Sera-t-elle un jour charmée par son ravisseur et son plan qui semble fou ?
Une histoire d’enlèvement a toujours son petit suspense fort attrayant. Mais ici la lenteur des événements peut créer l’ennui. Il se passe peu de faits marquants et on attend juste de lire le dénouement… qui n’a rien de vraiment original. Pourtant, quelques passages restent dynamiques et l’écriture est agréable tout du long. Il manque juste un peu de coupes franches pour gagner en équilibre. Voici un roman qui devrait toutefois plaire aux lecteurs avides de suspense.

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L’aube sera grandiose

L’aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux, Gallimard Jeunesse.

aube sera grandioseNine n’ira pas à la fête du lycée : sa mère l’emmène on ne sait où enfin de lui narrer son passé, son histoire, sa vérité.
Ce roman fait alterner les temporalités et le lecteur est immédiatement plongé au cœur de la double intrigue. Le talent de conteuse de l’auteure se renouvelle une fois encore en captivant de la première à la dernière ligne. Le puzzle se construit pas à pas, page après page et chapitre après chapitre. On a alors avidement envie de connaître la suite et l’issue de cette histoire riche en rebondissements et intense en émotions.
Voilà un roman fort d’Anne-Laure Bondoux, dont le don d’auteure de talent continue à s’affirmer à chaque nouvelle parution.

La courte histoire de la fille d’à côté

La courte histoire de la fille d’à côté, Jared Reck, Nathalie Peronny, Gallimard Jeunesse.

La courte histoire de la fille d'à côtéMatt aime Tabby. Mais Tabby ne voit pas Matt ainsi.
L’histoire peut sembler banale… Et elle l’est. L’auteur parvient à bien dépeindre le quotidien d’adolescents lambdas. Le réalisme est si fort… qu’il n’en est pas passionnant. En effet, la banalité ne peut pas toujours créer l’intérêt. Et ici, l’ennui pointe vite le bout de son nez. D’autant que l’écriture est très plate et sans réelle originalité. A force de lire des saynètes sans saveur, le livre tombe des mains. C’est dommage car les titres de chapitre annonçaient eux une touche de différence. Mais cela ne suffit pas.

Barnabé ou la vie en l’air

Barnabé ou la vie en l’air, John Boyne, Olivier Jeffers, Catherine Gibert, Gallimard Jeunesse.

Barnabé ou la vie en l'air,Barnabé nait au sein d’une famille prétendument parfaite. Alors, forcément, si Barnabé se met à être différent, cela contrarie les parents. Surtout si sa différence consiste à voler.
Ce roman met tout de suite le lecteur dans l’ambiance de ces sombres histoires où les enfants sont à plaindre, entourés d’atroces adultes, et à qui mille atroces péripéties surviennent. Ce Rémi avec (horrible) famille, ce (faux) orphelin Baudelaire, on s’y attache nécessairement immédiatement. Mais là où John Boyne frappe fort, c’est en ajoutant une pluie de rire à (presque) chaque page. Les parents parfaits sont ridicules, les malheurs sont si intenses qu’ils gagnent en humour et les nouvelles rencontres sont farfelues. Du coup, c’est un grand plaisir de lecture du début à la fin. Et quelle rocambolesque fin ! Voilà donc un livre à conseiller à tous les jeunes lecteurs ! Succès garanti !

Tant que nous sommes vivants

Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

Tant que nous sommes vivantsL’histoire de Bo et de Hama, elle ne se résume pas, elle ne se raconte pas, elle se déguste page après page.
On a la voix du conteur qui nous narre son récit. On ressent la chaleur du feu, on sent le souffle de sa voix. Bref, Anne-Laure Bondoux excelle dans l’art de nous bercer par ces mots pour créer un conte qui fait voyager. On suit les personnages, on frémit, on attend, et on savoure. Clairement, il faut aimer que l’on prenne son temps, que les actions se fassent attendre, que le récit nous emmène on ne sait où. On adhère ou on n’adhère pas. Mais ce livre touchera assurément le plus grand nombre des lecteurs.

Le monde selon Frrrintek

Le monde selon Frrrintek, Agnès Desarthe, Bruno Salamone, Gallimard Jeunesse, premiers romans, Folio cadet.

Le-monde-selon-FrrrintekC’est pratique d’avoir un grand frère qui trouve toujours réponse à tout et résout tous les problèmes. Car Grondouk en a, des réponses à trouver. Enfin… s’il ne s’endort pas avant la fin !
Dans ce roman, on savoure les jeux de mots et les rebondissements humoristiques ; on déguste la langue d’Agnès Desarthe qui sait trouver les mots justes pour toucher tout en amusant et on apprécie grandement les personnages saugrenus.
En plus, on retrouve les traits mignons tout plein de notre petit (grand) monstre du placard qui en rappelle un autre.
Bref, un roman plein de fraîcheur qui devrait faire rire tous les jeunes lecteurs.

Jefferson

Jefferson, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard Jeunesse.

jeffersonJefferson le hérisson voulait juste aller chez le coiffeur. Manque de chance, il tombe sur une scène de crime. Re manque de chance, il se retrouve accusé de meurtre.
Dans ce roman, les animaux sont totalement humanisés, à un point qui génère nécessairement une forte dimension comique tant les jeux de mots et les situations prêtent au rire. Du coup, c’est tout naturellement que le lecteur entre dans l’univers dépeint. Mais l’intérêt est encore plus dynamisé par le récit policier. Indices, enquête, poursuite, on est à fond dans le polar plein de suspense.
Un petit bémol : je ne suis pas certaine que le trop plein de jeux de mots ne perde pas les jeunes lecteurs. Mais, pour ceux dont les compétences lectorales sont bien développées, ils prendront très certainement un très grand plaisir à découvrir ce roman fort bien écrit.

Après la vague

Après la vague, Orianne Charpentier, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

après la vagueDeux jumeaux sur une plage. Un tsunami, un seul survivant.
C’est un roman de deuil. Pendant les 150 pages, on suit la perte, la souffrance, la déconstruction, l’acceptation. Oui, l’émotion est saisissante. Oui, l’auteur trouve les bons mots. Mais ! Mais j’ai du mal avec les romans qui n’ont pas d’autres histoires à raconter qu’un concept unique à étirer. Pour moi, l’histoire commence au dénouement. Le deuil ne suffit pas à engendrer du roman. L’article est donc à peu près aussi court que le roman. Dommage, la base était là.

Une semaine 7 lundis

Une semaine 7 lundis, Jessica Brody, Gallimard Jeunesse.

une semaine 7 lundisEllie passe sans doute l’une des pires journées de sa vie : elle gâche une dissert, elle est horrible sur la photo annuelle, elle rate son discours d’élection, elle mange un gâteau aux amandes et elle se fait larguer ! Et le pire dans cette histoire ? Ellie se retrouve coincée dans cet horrible lundi, qui recommence sans fin. Mais la jeune fille connaît Un jour sans fin : il faut réparer ce qui a été cassé et éviter la rupture.
Ce genre de roman, on le connaît par cœur. On devine à peu près tout dès les premières pages. On attend la journée pétage de câble, la journée au lit, la journée salvatrice. On devine les retournements, on se doute de ce que l’héroïne ne comprend pas, on anticipe à juste titre. Alors pourquoi cela fonctionne-t-il ? Car justement le lecteur connaît les règles et les savoure les unes après les autres. L’humour omniprésent rend chaque scène délicieusement succulente à savourer. Et les retournements tant attendus sont appréciés lorsqu’ils arrivent enfin car le lecteur aime se sentir tout puissant. Bref, l’auteur utilise parfaitement les règles du genre et nous offre un roman genré parfaitement maîtrisé. A vos rires, partez ! Foncez vers cette journée sans fin… avant demain !

L’arbre et le fruit

L’arbre et le fruit, Jean-François Chabas, Gallimard jeunesse, Scripto.

L'arbre et le fruitComment une femme peut-elle se laisser ainsi malmener par un homme qui semble avoir tout pouvoir ? Toute emprise ? Comment vivre tout cela lorsque l’on n’est qu’une enfant ? Comment la violence ravage-t-elle des vies ?
Au sein de ses pages, ce roman frappe comme un coup de poing. On a devant nous, non pas une femme faible, mais une dame intelligente, qui a fait des hautes études, qui réfléchit et porte sur le monde un regard construit. Alors, comment ? Comment est-ce possible ? Jean-François Chabas pose des questions fortes et ne transforme pas ses réponses. On a ici de la dureté, du choc. Et ce n’est pas fini. Car le temps passe, curieusement lentement et fatalement rapidement. Vient alors la question du dénouement : on ne peut supprimer tout espoir en jeunesse, on a donc une fin en demi-teinte, une double conclusion. Et quelle réflexion, ensuite, pour le lecteur, qui se sent encore bouleversé des pages qui viennent d’être lues.
Un grand bravo à l’auteur qui a su mener avec brio ce roman sur cette thématique forte et importante. Voici un ouvrage à conseiller massivement.