Comment je me suis débarrassé de ma mère

Comment je me suis débarrassé de ma mère, Gilles Abier, Actes Sud Junior.

comment-je-me-suis-debarrassee-de-ma-mereGilles Abier nous offre ici un incroyable recueil de nouvelles où chacune d’elle dresse le portrait d’une mère totalement insupportable. Le plus souvent au travers du regard de l’ado qui doit subir cette mère très pénible, l’auteur met en scène des histoires incroyables aux chutes surprenantes.
Les mères sont pénibles, c’est un fait universel, mais celles-ci décrochent la palme d’excellence ! Entre la mère qui perd le contrôle de sa vie, celle qui veut à tout prix que sa fille excelle ou celle qui épie la vie de son enfant sur les réseaux sociaux : on a ici une multitude de tableaux dont la démesure accroche l’intérêt du lecteur tout en donnant envie de savoir quelle chute va punir la mère. Un plaisir jouissif de vengeance arrive alors au lecteur et les pages se tournent à une vitesse incroyable.
C’est un véritable coup de cœur pour ce fascinant recueil.
Pour vous allécher davantage encore, voici un extrait lu à haute voix de la seconde nouvelle « Ma manager » :

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Alice au pays des merveilles

Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll, Rébecca Dautremer, Gautier-Languereau.

20170127_102937Avoir une belle édition des classiques de la littérature, c’est toujours très agréable. Et il est souvent bien difficile de choisir entre les différentes éditions. Ne cherchez plus pour Alice aux pays des merveilles ! Voici l’édition qu’il vous faut. Les illustrations de Rébecca Dautremer y sont naturellement scandaleusement merveilleuses. Son Alice brune aux cheveux courts dégage un je-ne-sais-quoi bien mystérieux, les dessins sont extrêmement détaillés et soignés comme Rébecca sait si bien le faire et l’atmosphère créée est savoureusement inquiétante et captivante. Sur le texte, on trouve quelques efforts. On découvre par exemple de jolis calligrammes :
20170127_102118mais il y a aussi des doubles pages bien remplies qui manquent un peu d’air. Heureusement, une double page illustrée et hop, on pardonne tout.
20170127_103034On peut toutefois émettre un petit regret : que l’illustration ne reste qu’en accompagnement du texte et qu’il n’y ait pas eu une vraie symbiose des deux. Mais ne chipotons pas, cette édition est sublime, savourons-la comme il se doit !

Audrey retrouvée

Audrey retrouvée, Sophie Kinsella, Finding Audrey, Juliette Lê, Pocket Jeunesse.

audrey-retrouveeL’auteur de L’accro du shopping qui publie un premier roman ado, je me méfie un peu et je suis en même temps très intriguée. Parce que, chut, c’est un secret, mais j’aime bien la série. Bien que, il faut l’avouer, l’auteur utilise bien des clichés et ne se casse pas la tête pour l’intrigue. Bref, je commence le roman avec un a priori que j’essaie de garder au loin. Eh bien, Audrey retrouvée a fait valser touuutes mes idées préconçues et ça, j’adore. Car ici, on a un roman ado parfaitement bien maîtrisé, un thème fort et des personnages très réussis. L’ensemble dans une narration qui donne sans cesse envie de tourner les pages, tout en faisait régulièrement rire aux éclats.
Dans cette histoire, on a donc Audrey, une jeune ado totalement angoissée par le monde extérieur et les gens. Très vite, on comprend que ce problème est récent et qu’il est dû à un événement passé. L’auteur joue avec le suspense et nous dévoile les indices au compte-goutte. Et, ce qui est une très bonne idée, c’est que nous n’aurons pas exactement toutes les pièces du puzzle, et c’est très bien comme cela. Car dans cette histoire, on se concentre ainsi sur Audrey et sa guérison. L’auteur aborde ainsi des sujets bien sensibles et on suit les montagnes russes psychologiques du personnage avec un grand intérêt.
L’art de manier la langue pour faire un texte fluide est naturellement une qualité que l’on retrouve dans ce roman et certaines scènes sont totalement hilarantes. Bref, on est en plein suspense, on a le cœur qui bat à l’unisson avec Audrey, et on rit de sa mère autant qu’elle, voire davantage. Un sans-faute ! Sophie Kinsella, continue dans cette voie !

Un monde de cochons

20170123_123236Louis est le nouveau de la classe. Ou plutôt, Louis est le nouveau LOUP dans une classe de cochons. Rejeté dès le début par une maitresse peu compréhensive et des camarades moqueurs, Louis fait heureusement la connaissance de Fanfan, un cochon fort sympathique. Et les deux compères deviennent amis. Mais voilà qu’un jour Louis est absent. Fanfan décide de lui rendre visite à son domicile…
Cette histoire est un véritable régal à chaque chapitre. Mario Ramos nous offre ici, comme toujours une histoire brillante et parfaitement bien construite. D’abord, le lecteur retient son souffle à la première lecture car il a peur que l’auteur joue des stéréotypes, puis des contre-stéréotypes, pour, peut-être, tenter un coup de théâtre. La montée en puissance du suspense est jubilatoire et parfaitement bien menée. Ensuite, ce livre aborde des sujets graves comme les moqueries et le harcèlement scolaire. On peut regretter que l’enseignante soit une vieille cruche sans cervelle mais ce choix sera corrigé dans le tome 2. Enfin, les lecteurs ne peuvent qu’adhérer à cette histoire pour tous les codes détournés et la construction parfaitement bien menée. On a, à chaque chapitre, une scène originale et attendrissante qui nous fait adorer les deux personnages.
Un monde de cochons : un livre à avoir dans toutes les bibliothèques !

Découvrez un extrait du début du livre lu à haute voix :

Marquer les ombres

Marquer les ombres, Véronica Roth, Carve the Mark, Nathan.

marquer-les-ombresL’auteur de Divergente qui publie un nouveau livre, forcément, on ne peut pas rater l’événement. J’avais été séduite par l’écriture bien entrainante de Divergente et, même si je trouvais qu’il y avait beaucoup de clichés dystopiques dans sa série, j’avais été séduite par l’ensemble. C’est donc avec une grande joie que je me suis plongée dans Marquer les ombres.
Venons-en à l’histoire : ici, nous ne sommes pas dans un univers d’anticipation mais dans une création SF. On a un nouveau système solaire et des êtres qui possèdent des dons magiques. Là, on découvre Akos, puis Cyra, qui ne sont pas des mêmes planètes. Ils ont des dons, évidemment, et, re-évidemment, ils vont devoir affronter un destin particulier et déterminant.
Bon. Déjà, on est loin de l’écriture très entrainante citée auparavant. Le style est ici bien différent. On voit que l’auteur a créé un vaste univers bien complexe, avec tout plein de règles, etc. Mais, du coup, pour le lecteur, il faut s’accrocher. Car l’auteur lui en met plein la tête dans de très longues premières pages et l’on peine à voir quand l’histoire va se lancer… et se simplifier. Pourtant, dans les grandes lignes, l’enjeu reste simple. Mais le trop plein de détails a, pour ma part, gâché le plaisir de lecture. Et l’ennui a pris, très vite, le dessus. Du coup, je ne suis pas du tout entrée dans l’histoire. La construction du récit est certes beaucoup plus travaillée que dans Divergente mais l’empreinte trop SF m’a enlevé tout plaisir, la structure trop prétentieuse m’a perdue, et le livre m’est tombé des mains régulièrement. Finalement, j’ai décidé de le fermer. Amateurs de l’auteur, lisez un extrait avant de dépenser 18 euros inutilement.

Ce qu’il faut de terre à l’homme

Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron, couleurs de Charles Veyron, Dargaud.

ce-quil-faut-de-terre-a-lhommeCette bande dessinée propose un petit voyage dans une campagne passée. On y voit des hommes et des femmes se battant pour la terre, avoir des soucis, élever leurs enfants, et une population plus riche, à la vie plus aisée mais avec d’autres soucis. Le temps avance, les saisons passent, et cet entrebâillement pour voir la vie des gens s’agrandit et nous ouvre les portes d’une intimité plus détaillée, plus privée, plus inattendue aussi.
Dans cette bande dessinée, les personnalités se peaufinent. Et au fil des pages, le passage du temps est admirablement bien retranscrit. La chute ponctue alors parfaitement cette agréable lecture.
Voici une bande dessinée bien réussie qui donne envie de lire d’autres œuvres de l’auteur.

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Tous nos jours parfaits

Tous nos jours parfaits, Jennifer Niven, traduit par Vanessa Rubio-Barreau, Gallimard Jeunesse.

HS-TOUS NOS JOURS PARFAITS2.inddViolet et Finch n’étaient pas destinés à se rencontrer. Et pourtant, un jour, en haut d’un clocher, les voilà tous les deux perchés. Prêts à sauter ? En tout cas, ils s’y croisent. Et cette rencontre va bouleverser leur vie.
Le duo d’un ado qui veut en finir à tout prix avec la vie et d’une ado dont la sœur est morte est une idée prometteuse. Les personnages sont ainsi riches en personnalités torturées et cela donne en général force au récit. Ici, on retrouve certaines qualités et un ton assez similaire aux romans de John Green. Parler du suicide n’est évidemment pas chose facile et Jenniver Niven parvient à éviter le pathos et à véritablement questionner les lecteurs. Mais il y a tout de même une grande dose de guimauve. En effet, même si les pensées des personnages sont bien retranscrites, il ne se passe pas grand chose comme rebondissements et ce flux de pensée devient trop marqué en pathos. On aboutit malheureusement à la guimauve larmoyante, arrivant sournoisement par d’autres entrées, notamment celles de l’amour et de l’amitié qui sont abordés de manière plus classiques et parfois teintés de clichés. C’est dommage car le début donnait vraiment envie de poursuivre. Heureusement, finalement, le troisième tiers est meilleur et le dénouement, assez fort, interroge. Si l’on excepte le milieu un peu guimauve, on a ainsi un bon titre qui devrait charmer les lecteurs.

Maman Quichon se fâche

Maman Quichon se fâche, Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs

20170120_133356Coucher soixante-treize enfants n’est pas chose facile pour maman Quichon. Et puisque personne ne lui prête attention, cette maman décide de se transformer en pierre et de ne plus bouger du tout. Même si on la chatouille, même si on la bisouille. Si les petits Quichon n’y prêtent au début aucune attention, ils vont finir par s’inquiéter de ne plus retrouver leur maman.
Cette histoire d’Anaïs Vaugelade est un régal. Les petits Quichon font mille et une bêtises sur les pages en arrière-plan, ce qui amusera aisément les plus jeunes lecteurs. Aussi, la leçon semble porter ses fruits puisque les enfants Quichon finissent par se mettre au lit. La disproportion phénoménale du nombre d’enfants donne bien l’impression de chaos total qu’il peut y avoir à l’heure du coucher, de quoi amuser les enfants lecteurs mais aussi leurs parents.
Une courte histoire à savourer en famille, juste avant d’aller, vite vite, se coucher !

Découvrez un extrait du début de l’album lu à haute voix :

Bienvenue à Wondertown

wondertown01_41765Dans cette étrange ville, un jeune tente juste de survivre et de gagner sa croûte pour les bambins sont il s’occupe. Mais rien n’est facile entre l’emploi qui manque, les sorcières qui jettent des sorts ou la simple mal chance du héros.
Dans ce volume, plusieurs courtes histoires sont réunies. Inégales, certaines sont pleine d’humour et de rebondissements tandis que d’autres usent de quelques facilités. Le graphisme et la mise en page sont classiques mais l’univers original séduit ainsi que l’aspect atypique du personnage principal. Je n’irai pas jusqu’à lire le tome suivant mais la lecture de ce tome était toutefois satisfaisante.

Lady Helen, Le Club des mauvais jours

le-club-des-mauvais-joursLady Helen virevolte dans les bals en attendant son mariage qui un jour viendra. Mais voilà que des disparitions l’inquiètent. Cachant bien son médaillon qui la relie à sa feue mère, elle se met à enquêter sans se douter qu’elle va apprendre sur elle-même une étonnante révélation. En réalité dotée de pouvoirs, la jeune fille va devoir affronter des dangers très grands.
Voici un roman qui parvient à ennuyer comme rarement ! Ici, tout est redit un milliard de fois. Je pense que l’on pourrait se contenter de ne lire qu’une page sur deux, on suivrait tout aussi bien l’intrigue tant les répétitions sont nombreuses. Il faudrait couper un gros tiers du récit car là, l’auteur tire à la ligne pour obtenir le pavé souhaité. Aussi, l’intrigue avance avec une lenteur déconcertante et les événements se devinent aisément. Lorsqu’au quatre cinquième du roman, une soi-disant révélation apparait, le roman m’est tombé des mains devant l’évidence du processus de narration. L’auteur sème aussi un brin de sexe pour titiller le lecteur et attiser son intérêt. En gros, on cible clairement la jeune bourgeoise en manque d’aventures… on obtient du très gros cliché. L’auteur aurait dû rester dans le genre historique, cela aurait été plus intéressant. Pitié, pas de tome deux.