Rue des copains, Le copain de Tim est harcelé

Rue des copains, Le copain de Tim est harcelé, Sylvaine Jaoui, Annelore Parot, Albin Michel Jeunesse.

le copain de tim est harceléGabin est sans cesse embêté par Oscar. Que faire dans ce cas ? Ça ne peut plus continuer ! Vite, il faut agir.
L’ouvrage commence par le point de vue des autres, celui des observateurs. Et je trouve très intéressant que l’album ne positionne pas tout de suite le lecteur : cela montre bien que tout le monde est concerné, y compris justement ceux qui ne sont ni harceleur ni harcelé.
Ensuite, la construction est vraiment intéressante car elle aborde plusieurs questions successivement : doit-on dénoncer ? ; que se passera-t-il après ? ; et, surtout, comment ne plus ressentir un sentiment d’infériorité ?
Voici un album qui, par ses dialogues courts, est très accessible aux lecteurs débutants et qui, en plus, permet de se poser les bonnes questions. Un bon début pour réfléchir et bien penser.

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Rue des copains, La copine de Sham n’aime pas lire

Rue des copains, La copine de Sham n’aime pas lire, Sylvaine Jaoui, Annelore Parot, Albin Michel Jeunesse.

La-copine-de-Sham-n-aime-pas-lireDans la cour de récréation, deux clans s’affrontent : ceux qui aiment lire et ceux qui détestent. Les premiers parlent des multiples univers rencontrés, des aventures, du plaisir ressenti. Les seconds expliquent ne rien comprendre, s’ennuyer, avoir du mal à se concentrer.
Au sein de cette bande dessinée, tout est clairement pensé pour les lecteurs débutants. Le texte est clair, bien balisé et la construction a une structure insistante afin de guider la bonne compréhension du récit. Bref, tout est mis en place pour aider au mieux le lecteur débutant. En plus, ce dernier a nécessairement envie de prendre parti : soit d’un côté, soit de l’autre. Une bonne façon de donner envie de poursuivre la lecture du livre pour voir où mène le dénouement. Seul bémol : les toutes dernières pages, un supplément trop vite conçu et au contenu peu pertinent. Hormis ce menu détail, voici un ouvrage à conseiller à tous les lecteurs débutants et aux enseignants de cycle 2.

Le petit doigt de madame Olga

Le petit doigt de madame Olga, Les filous du CP, Mr Tan, Aurore Damant, Bayard Jeunesse, Tu lis je lis.

Le-petit-doigt-de-madame-OlgaC’est incroyable : en classe, le petit doigt de madame Olga, la maîtresse, entend tout, absolument tout ! Comment faire pour que ce petit doigt laisse enfin les élèves faire leurs bêtises en paix ? C’est l’heure de la concertation et de la profusion d’idées.
Ah, ces maîtresses qui voient avec leur troisième œil caché derrière la tête, qui entendent avec leur petit doigt magique, et qui découvrent tous les secrets des élèves. Voilà un mystère que bon nombre d’enfants aimeraient élucider. Ici, le petit roman permet de rire de ces situations un peu « magiques ». Le jeune lecteur débutant verra sa lecture bien guidée grâce à l’alternance de l’oralisation (l’enfant est invité à ne lire que les dialogues) et tout est fait pour veiller à une bonne compréhension de l’histoire. Ainsi, les illustrations aident en étant redondantes du texte et les dialogues sont précédés de l’illustration du personnage qui parle. Voici un ouvrage d’une grande fraîcheur pour débuter sereinement et avec plaisir la lecture : à conseiller à tous les enfants de CP et à leurs enseignants.

La soupe à rétrécir

La soupe à rétrécir, Youpi je lis, Anne Rivière, Gwendal Le Bec, Bayard Jeunesse.

la-soupe-a-retrecirLéa goûte une soupe proposée par une dame à la fête de l’école et voilà qu’elle se met à rétrécir ! En réalité, l’inconnue est une sorcière !
On a beau répéter de se méfier des inconnus, visiblement, notre petite héroïne ne connaissait pas la mise en garde. Voilà une aventure qui lui servira de leçon ! Pour les jeunes lecteurs, cette histoire pleine de suspense devrait les charmer et le goût du frisson leur donner envie de poursuivre la lecture du début à la fin. La recommandation de l’éditeur indique que l’ouvrage peut être lu en fin de CP et en début du CE1. C’est à mon sens le cas pour de bons élèves et dans le cadre d’une lecture guidée. Mais l’ouvrage peut tout à fait aussi convenir à une lecture étudiée en classe de CE2. Voilà un court texte pour frissonner à loisir tout en prenant du plaisir de lecture : une bonne alliance.

Sombres étoiles

Sombres étoiles, Malorie Blackman, Chasing the stars, Amélie Sarn, Milan.

SOMBRES_ETOILES_COV.inddVee décide d’écouter un appel de détresse et de porter secours à des inconnus. Alors qu’elle et son frère sont seuls sur leur vaisseau depuis trois ans, voilà qu’ils vont devoir cohabiter avec de nouveaux individus. Mais ces nouveaux venus ont un secret : ils sont en fuite. Parmi eux se trouve Nathan, le beau Nathan, qui est loin de laisser Vee insensible.
Ah Malorie Blackman ! Quelle auteur de talent ! Car derrière ce résumé un peu cucul se cache un roman d’exception. Ici, rien n’obéit au cliché. Comme d’habitude, l’auteur dresse en quelques pages des personnages intensément réalistes et crée l’adhésion du lecteur. Puis, elle compose une histoire d’amour avec un talent inénarrable, une écriture parfaitement maîtrisée, une justesse infinie. Point de tabou, Malorie va au bout de ses scènes et nous offre des bijoux littéraires. Quant à l’intrigue, la construction est totalement inattendue bien que paradoxalement classique. Les coups de théâtre créent l’effet de surprise attendu et le lecteur est captivé, très sincèrement, de la première à la dernière ligne (et quelle dernière ligne !), sans aucun, mais vraiment aucun, temps d’ennui. Bref, c’est un grand sans faute. Malorie Blackman fait définitivement partie de ses auteurs qu’il faut lire, qu’il faut avoir lu, qu’il faudra lire encore.

Tortues à l’infini

Tortues à l’infini, John Green, Catherine Gibert, Gallimard.

tortues a linfini john greenAza se lance dans un projet fou : enquêter sur la disparition d’un milliardaire avec son amie Daisy. Aza, ce n’est pas qu’une meneuse d’enquête : c’est aussi une adolescente terrorisée par les microbes et, potentiellement, capable de tomber amoureuse.
Les romans de John Green, je les ai tous lus. Et je les ai tous adorés. Il y a ce style inimitable qui incite à la tourne de page, ces personnages intensément réalistes et émouvants et ces histoires, ah quelles histoires !, poétiques et merveilleuses, qui marquent à tout jamais. Et ici ? On a bien le personnage. On a bien les dialogues bien pensés, les scènes qui se dévorent. Mais ! Mais l’histoire ne passionne pas autant. Il manque de peps dans l’intrigue. Il arrive même, oh incroyable nouveauté pour un John Green, que l’attention fasse défaut et que l’ennui pointe parfois le bout de son nez. Alors bien sûr, j’ai tout de même dévoré les pages mais avec ce petit sentiment de regret tout au long de la lecture, une petite déception sur un manque de passion. Du coup, je vais devoir de nouveau être impatiente et attendre le suivant.

I am Princess X

I am Princess X, Cherie Priest, Vanessa Rubio-Barreau, Bayard.

I-am-prince-XMay n’arrive pas à oublier Libby, son amie d’antan, décédée dans un tragique accident. Et voilà qu’elle découvre des autocollants montrant un dessin que les deux amies avaient inventé ! Libby serait-elle en vie ?
Dans ce roman, le suspense est à son comble dès la lecture de la quatrième de couverture. C’est une évidence : le lecteur veut savoir. Et l’intérêt se multiplie et grandit au fil des pages. Car l’inconnue qui dessine a aussi créé une bande dessinée, dont certaines pages sont insérées au texte. Aussi, le livre met grandement à l’honneur la lecture intermédia : le texte renvoie au site, incite à mieux manipuler les outils numériques et continue d’avancer par la simple lecture de chapitres. Bref, l’auteur capte assurément l’attention. Un petit bémol au dénouement sur une paradoxale lenteur truffée d’actions convenues. Mais en dehors de cela, c’est un sans-faute. Voici une création d’une grande originalité qui mérite lecture. Bravo à Princess X !

Une année là-bas, Tome 1

Une année là-bas, Tome 1, Alyssa JFL, Hachette.

Une-annee-la-basDecember-Dan est agent secret. Mais la jeune fille va aussi devoir aller au lycée. Et si des harceleurs sont présents parmi les lycéens, l’envie de faire jaillir la justice est très forte pour DD. Comment cacher son secret tout en découvrant celui du lycée ?
Bon, le résumé est plutôt sympathique. La mention « wattpad » m’inquiétait et… j’avais raison. Car l’écriture reste bassement mauvaise. Le style est pauvre au possible, les erreurs de construction nombreuses et les facilités langagières sont présentes à chaque page. Bref, on est bien dans de la consommation bas de gamme des romans écrits n’importe comment. Et l’histoire suit le même principe : une intrigue clichée, des personnages stéréotypés et aucune surprise. Bref, next. Dommage d’avoir gâché du papier pour l’impression.

L’école de ma vie

L’école de ma vie, Marie Desplechin, Glen Chapron, L’école des loisirs, Mouche.

L-ecole-de-ma-vieFanta est en vacances. Enfin… cela, c’est ce qu’elle croyait. Car voilà que l’amie de sa maman qui l’emmène en vacances veut à tout prix qu’elle s’entraîne à lire. Pour Fanta, c’est insupportable. Elle trouve plein de stratégies pour reporter la séance ou faire semblant de savoir.
Dans ce court roman, les émotions de la jeune enfant sont parfaitement bien retranscrites et passent aisément au lecteur. Ainsi, au fil des pages, on ressent le malaise ambiant, l’angoisse montante, la paralysie de l’exercice. Marie Desplechin a su trouver les mots justes et a choisi des scènes très vraisemblables pour évoquer ce sujet très important. Voici un livre à conseiller à tous les jeunes lecteurs un peu anxieux mais aussi aux adultes qui veulent à tout prix « bien faire ».

Les nuits assassines

Les nuits assassines, Byun Ki-Hyun, J.-M. Goum, Casterman.

NuitsAssassines01_85687Des morts, des promesses lancées, des mystères. Voici un climat bien oppressant au milieu duquel l’intrigue commence. L’annonce est prévisible : on sait que les morts vont tomber. Mais qui ? Mais quand ? Car l’auteur joue grandement avec le suspense : on a une atmosphère de plus en plus opaque, des sauts dans le temps qui sèment des indices, des personnages énigmatiques… et qui, soudainement, meurent, ou survivent. Chaque page a son lot de surprises et, de la première à la dernière page, le lecteur ne sait à quoi s’attendre à la page suivante. Voilà une bande dessinée à dévorer au coin du feu une soirée d’Halloween, pour frémir… et ne pas s’endormir.
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