Le Lac des cygnes

Le Lac des cygnes, Tchaïkovski, Pierre Coran, Olivier Desvaux, Nathalie Dessay, Didier Jeunesse, un livre un cd.

Le Lac des cygnesDans cette édition du Lac des cygnes, le regard est immédiatement happé par les magnifiques peintures d’Olivier Desvaux. S’inspirant des réelles attitudes des danseurs de l’opéra lors des représentations, le peintre nous fait voyager : on perçoit à travers les images toute l’intensité des scènes, on ressent le dynamisme de l’action, on vibre d’émotion à chaque coup de pinceau. Alors que dire lorsque le cd se joint à la lecture et que les notes de musique emplissent nos oreilles ? Tous les sens sont alors comblés et la voix de Nathalie Dessay entre en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’œuvre afin d’offrir une lecture au ton juste et au débit bien pensé.
L’album prend son temps, et c’est bien appréciable. Il ne peut en être autrement pour ces albums qui sont autant œuvre visuelle que sonore et qui forment un tout unique et totalement abouti.
Vous l’avez compris, cette œuvre est exceptionnelle et devrait intégrer chaque bibliothèque. Que dire de plus : filez en librairie !

Publicités

Très cher Père Noël

Très cher Père Noël, Emma Chedid-Advenier, Dankerleroux, De la Martinière Jeunesse.

Très cher Père NoëlQuatre histoires sont réunies au sein de cet album très grand format : celle d’Aglaé qui a peur de tout, même du Père Noël ; celle de Barnabé qui demande à recevoir un « oui » en cadeau ; celle de Noémie qui désire ardemment un rouleau de scotch spécial grandes personnages et celle d’Arthur qui dresse une liste interminable sans un mot de politesse. Le Père Noël, c’est bien connu, va alors devoir s’occuper de chaque enfant.
Chaque année, la relecture de cet album est un régal. D’abord, l’objet livre est magnifique : on admire les grandes illustrations, on apprécie le grand format, on s’amuse à ouvrir les vraies lettres insérées sur les pages. Ensuite, les histoires sont toutes intrigantes et captivantes. On a nécessairement envie de savoir comment le Père Noël va trouver une solution. Enfin, on savoure l’humour : entre le Père Noël parfois un peu perdu et les envies saugrenues des enfants, le lecteur a de quoi s’amuser. Voici un bel album, à lire en quatre ou une fois, qui s’appréciera chaque année en cette période de fin d’année.

Mes endroits à moi

Mes endroits à moi, Gaia Stella, Grasset Jeunesse.

mes endroits à moiApprochez, approchez, venez suivre Alice, elle vous emmène au cœur de ses endroits. Tous ces lieux, connus et secrets, qui font son quotidien, son monde, son univers. Là, où elle évolue, où elle grandit, où elle rencontre et où elle explore. On entre ainsi dans sa maison et on en découvre chaque recoin ; on poursuit dans la serre où le voyage devient féérique et merveilleux ; on enchaine au théâtre, lieu de toutes les possibles… Et à chaque page, une nouvelle surprise, une nouvelle découverte. A la fin de la lecture, une seule question se pose alors : et nous, quels sont ces lieux, ces endroits rien qu’à nous, que nous voyons chacun à notre manière, qui sont façonnés par notre regard, qui participent à construire ce qui fait que nous sommes nous. Voici un bel album, très graphique, où la construction géométrique des pages crée une parfaite alliance avec les couleurs dynamiques choisies par l’auteur. On a ainsi une œuvre véritablement originale et artistique, poétique et un peu philosophique. Une belle création pour les jeunes lecteurs.

Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge, Charles Perrault, Christian Roux, Seuil jeunesse.

le petit chaperon rouge seuilDans ce petit chaperon rouge, nous sommes au plus près du texte de Perrault, où la morale est même intégrée à la fin de l’œuvre. Ainsi, proche du conte d’origine, l’illustrateur a respecté l’ambiance véritable : une forêt intensément sombre, du rouge inquiétant, de l’obscurité effrayante… On frémit, on est en haleine, on tremble au fil des pages. Et le dénouement est bien sûr sans appel.
Quelles belles illustrations dans cet album ! La peur est mise à l’honneur et cela fait du bien. Rares sont en effet les œuvres qui cherchent à retranscrire l’histoire originelle et l’atmosphère de Perrault. Pour ceux qui recherchent une version fidèle à la tradition, voici donc l’œuvre qu’il vous faut.

le petit chaperon seuil inter

Boucle d’or & les trois ours

Boucle d’or & les trois ours, Rascal, Pastel.

boucle-d-or-et-les-trois-ours-rascalComme pour sa version du Petit chaperon rouge, Rascal narre ici son histoire sans parole : seul le jeu de la succession des images fait sens, raconte le fameux conte. Plus encore qu’avec son chaperon, Rascal accentue le jeu graphique grâce à un grand travail d’alternance : on trouve toujours les mêmes illustrations en recto et verso, mais le noir et blanc s’inverse, et cette redondance sert la narration. Quel talent ! Il vous faut absolument vivre cette expérience littéraire et graphique ! Une seule conclusion : procurez-vous vite ce magnifique album !

Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge, Rascal, Pastel.

le petit chaperon rougeSans parole, Rascal nous charme avec son petit chaperon rouge. Quel talent d’illustrateur que de créer ainsi une histoire au fil des pages, sans un mot, avec un jeu très fort sur le graphisme et la mise en page. On découvre ainsi un petit chaperon, rouge bien sûr, et un loup, tous deux faussement pixelisés. Pour les plus jeunes, le jeu littéraire est intense : on repère la maison du chaperon grâce à la couleur, on peut s’amuser à suivre les différents chemins parcourus par les personnages, on trépigne, on attend. Et l’histoire connue apparaît mais… quel suspense insoutenable !, le livre ose s’arrêter en pleine tension, avant le fameux dénouement final, celui qui change tellement selon les versions. Du coup, au lecteur de choisir sa version préférée. Voici une version originale du conte, que je vous conseille vivement.

Pou-poule !

Pou-poule !, Loufane, Lola, Kaléidoscope.

pou-pouleUne poule amoureuse d’un renard ! Quelle idée ? Va-t-il la croquer ? Ou la serrer dans ses bras ?
Quel suspense ! Et quelle histoire délicieusement savoureuse !
J’adore : les commères, le côté rébellion, le mystère, l’attente du dénouement… Voici un album qui procurera sans aucun doute un très grand plaisir de lecture à tous les lecteurs (petits et grands). Les exclamations des personnages sont jubilatoires, les illustrations mettent bien en scène l’expression et les sentiments des personnages et le choix des couleurs donnent une grande intensité à chaque double page. C’est donc un sans-faute pour cet album. Une seule conclusion : vive Lola !

Une faim de loup, un point, c’est tout.

Une faim de loup, un point, c’est tout., Solo un puntino, Elisabetta Pica, Chiara Vignocchi, Silvia Borando, Little Urban.

unefaimdeloupVoici un grand méchant loup, toujours positionné face à un point rouge. À chaque fois, le point rouge grossit, grossit, devient cerise, coccinelle, ou même petite fille, et à chaque fois, bien sûr, crac miam, le grand méchant loup mange ce petit point rouge.
Dans cet album, le jeu graphique est important : l’enfant voit que le point grossit de plus en plus, qu’un dessin est ajouté pour transformer le point en une nouvelle création, et le suspense s’intensifie de plus en plus au fil des pages pour savoir comment va se terminer cette histoire. Le jeu graphique repose aussi sur l’alternance des pages blanches et noires et la redondance des images du loup. Aussi, le jeu littéraire est sonore : les exclamations de dévoration sont de plus en plus nombreuses, grandissant crescendo comme la taille du point.
Quelle création artistique ! On ne peut être que bluffé par le talent des créatrices qui ont habilement mêlé texte et image pour engendrer une œuvre hautement littéraire, tout en faisant preuve d’une grande simplicité. Une seule question alors : pourquoi Little Urban ne met pas davantage en valeur le talent des créatrices en écrivant leurs noms sur la couverture ? Il m’a fallu chercher dans les petites lignes, c’est dommage.
Voici un excellent album, original, bien pensé, magnifiquement bien réalisé, qu’il vous faut obtenir et garder précieusement.

Une faim de loup, un point, c_est tout

Il y a un monstre !

Il y a un monstre !, Marcus Pfister, Éditions NordSud.

il y a un monstrePas de doute, c’est bien un monstre qui est là-bas, avec ses quatre doigts velus et ses griffes. Tiens, d’ailleurs, il nous salue ! Et c’est ainsi l’occasion de nous présenter tous ses amis monstres : le monstre-du-placard, celui qui se cache sous le lit, celui qui est dans la cave… Une ribambelle de connaissances !
Ce livre permet bien sûr de dédramatiser la peur du monstre en le faisant apparaître de manière amicale. Le jeu le plus ludique est bien celui du pop-up : derrière une apparence qui semble normale, on soulève un rabat, et hop !, le monstre apparaît ! Puis, le volume lui donne vie. Les couleurs sont fraiches, le récit un peu longuet mais le dynamisme reste présent et le grand format ajoute un vrai plus au jeu en volume. Un album qui devrait ainsi beaucoup amuser les plus jeunes lecteurs.

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle, Claude Ponti, L’école des loisirs.

bizarre bizarreAh les petits formats de Claude Ponti ! Qu’ils sont attendrissants ! On a envie de tous les avoir dans notre bibliothèque et de savourer à chaque instant les courtes histoires qui y sont narrées. Dans celle-ci, il arrive quelque chose de bien étrange à Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle : à chaque fois qu’ils se rencontrent, ils perdent des petits bouts, des petits morceaux, d’eux-mêmes. Pas de doute, voilà bien ce qu’il survient, lorsque l’amour entre dans la danse.
Quelle est pleine de poésie cette courte histoire ! Quelles sont mignonnes ces petites souris amputées, vouées à se retrouver pour se combler ! Bref, vous l’avez compris, j’adore Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle et, comme eux, j’ai laissé un bout de moi-même entre les pages dès la première lecture ; je suis désormais vouée à ne plus jamais les quitter.