Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge, Charles Perrault, Christian Roux, Seuil jeunesse.

le petit chaperon rouge seuilDans ce petit chaperon rouge, nous sommes au plus près du texte de Perrault, où la morale est même intégrée à la fin de l’œuvre. Ainsi, proche du conte d’origine, l’illustrateur a respecté l’ambiance véritable : une forêt intensément sombre, du rouge inquiétant, de l’obscurité effrayante… On frémit, on est en haleine, on tremble au fil des pages. Et le dénouement est bien sûr sans appel.
Quelles belles illustrations dans cet album ! La peur est mise à l’honneur et cela fait du bien. Rares sont en effet les œuvres qui cherchent à retranscrire l’histoire originelle et l’atmosphère de Perrault. Pour ceux qui recherchent une version fidèle à la tradition, voici donc l’œuvre qu’il vous faut.

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Boucle d’or & les trois ours

Boucle d’or & les trois ours, Rascal, Pastel.

boucle-d-or-et-les-trois-ours-rascalComme pour sa version du Petit chaperon rouge, Rascal narre ici son histoire sans parole : seul le jeu de la succession des images fait sens, raconte le fameux conte. Plus encore qu’avec son chaperon, Rascal accentue le jeu graphique grâce à un grand travail d’alternance : on trouve toujours les mêmes illustrations en recto et verso, mais le noir et blanc s’inverse, et cette redondance sert la narration. Quel talent ! Il vous faut absolument vivre cette expérience littéraire et graphique ! Une seule conclusion : procurez-vous vite ce magnifique album !

Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge, Rascal, Pastel.

le petit chaperon rougeSans parole, Rascal nous charme avec son petit chaperon rouge. Quel talent d’illustrateur que de créer ainsi une histoire au fil des pages, sans un mot, avec un jeu très fort sur le graphisme et la mise en page. On découvre ainsi un petit chaperon, rouge bien sûr, et un loup, tous deux faussement pixelisés. Pour les plus jeunes, le jeu littéraire est intense : on repère la maison du chaperon grâce à la couleur, on peut s’amuser à suivre les différents chemins parcourus par les personnages, on trépigne, on attend. Et l’histoire connue apparaît mais… quel suspense insoutenable !, le livre ose s’arrêter en pleine tension, avant le fameux dénouement final, celui qui change tellement selon les versions. Du coup, au lecteur de choisir sa version préférée. Voici une version originale du conte, que je vous conseille vivement.

Pou-poule !

Pou-poule !, Loufane, Lola, Kaléidoscope.

pou-pouleUne poule amoureuse d’un renard ! Quelle idée ? Va-t-il la croquer ? Ou la serrer dans ses bras ?
Quel suspense ! Et quelle histoire délicieusement savoureuse !
J’adore : les commères, le côté rébellion, le mystère, l’attente du dénouement… Voici un album qui procurera sans aucun doute un très grand plaisir de lecture à tous les lecteurs (petits et grands). Les exclamations des personnages sont jubilatoires, les illustrations mettent bien en scène l’expression et les sentiments des personnages et le choix des couleurs donnent une grande intensité à chaque double page. C’est donc un sans-faute pour cet album. Une seule conclusion : vive Lola !

Une faim de loup, un point, c’est tout.

Une faim de loup, un point, c’est tout., Solo un puntino, Elisabetta Pica, Chiara Vignocchi, Silvia Borando, Little Urban.

unefaimdeloupVoici un grand méchant loup, toujours positionné face à un point rouge. À chaque fois, le point rouge grossit, grossit, devient cerise, coccinelle, ou même petite fille, et à chaque fois, bien sûr, crac miam, le grand méchant loup mange ce petit point rouge.
Dans cet album, le jeu graphique est important : l’enfant voit que le point grossit de plus en plus, qu’un dessin est ajouté pour transformer le point en une nouvelle création, et le suspense s’intensifie de plus en plus au fil des pages pour savoir comment va se terminer cette histoire. Le jeu graphique repose aussi sur l’alternance des pages blanches et noires et la redondance des images du loup. Aussi, le jeu littéraire est sonore : les exclamations de dévoration sont de plus en plus nombreuses, grandissant crescendo comme la taille du point.
Quelle création artistique ! On ne peut être que bluffé par le talent des créatrices qui ont habilement mêlé texte et image pour engendrer une œuvre hautement littéraire, tout en faisant preuve d’une grande simplicité. Une seule question alors : pourquoi Little Urban ne met pas davantage en valeur le talent des créatrices en écrivant leurs noms sur la couverture ? Il m’a fallu chercher dans les petites lignes, c’est dommage.
Voici un excellent album, original, bien pensé, magnifiquement bien réalisé, qu’il vous faut obtenir et garder précieusement.

Une faim de loup, un point, c_est tout

Il y a un monstre !

Il y a un monstre !, Marcus Pfister, Éditions NordSud.

il y a un monstrePas de doute, c’est bien un monstre qui est là-bas, avec ses quatre doigts velus et ses griffes. Tiens, d’ailleurs, il nous salue ! Et c’est ainsi l’occasion de nous présenter tous ses amis monstres : le monstre-du-placard, celui qui se cache sous le lit, celui qui est dans la cave… Une ribambelle de connaissances !
Ce livre permet bien sûr de dédramatiser la peur du monstre en le faisant apparaître de manière amicale. Le jeu le plus ludique est bien celui du pop-up : derrière une apparence qui semble normale, on soulève un rabat, et hop !, le monstre apparaît ! Puis, le volume lui donne vie. Les couleurs sont fraiches, le récit un peu longuet mais le dynamisme reste présent et le grand format ajoute un vrai plus au jeu en volume. Un album qui devrait ainsi beaucoup amuser les plus jeunes lecteurs.

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle, Claude Ponti, L’école des loisirs.

bizarre bizarreAh les petits formats de Claude Ponti ! Qu’ils sont attendrissants ! On a envie de tous les avoir dans notre bibliothèque et de savourer à chaque instant les courtes histoires qui y sont narrées. Dans celle-ci, il arrive quelque chose de bien étrange à Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle : à chaque fois qu’ils se rencontrent, ils perdent des petits bouts, des petits morceaux, d’eux-mêmes. Pas de doute, voilà bien ce qu’il survient, lorsque l’amour entre dans la danse.
Quelle est pleine de poésie cette courte histoire ! Quelles sont mignonnes ces petites souris amputées, vouées à se retrouver pour se combler ! Bref, vous l’avez compris, j’adore Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle et, comme eux, j’ai laissé un bout de moi-même entre les pages dès la première lecture ; je suis désormais vouée à ne plus jamais les quitter.

L’histoire du soir

L’histoire du soir, Laurence Gillot, Philippe Thomine, Marc Boutavant, Père Castor.

l'histoire du soirL’histoire du soir, c’est celle que Martin Lapin va lire à ses enfants, lorsque sa femme l’appelle, avant qu’ils ne s’endorment. Il raconte alors l’histoire de… Florent Eléphant qui va lire une histoire à ses enfants, lorsque sa femme l’appelle, avant qu’ils ne s’endorment.
Bref, vous avez compris, le schéma est reproduit au fil des pages et le jeune lecteur s’amuse forcément de retrouver la construction, qu’il se met alors à attendre et savourer à chaque fois. Les phrases se ressemblent mais quelques variantes les différencient et l’on prend un grand plaisir, qu’on soit adulte ou enfant, à écouter ce jeu sur les rythmes des phrases et sur la construction enchâssée.
Voici une histoire bien sympathique qui donne envie d’être lue, encore et encore, pour apprécier à chaque fois le jeu littéraire.

Gros chagrin

Gros chagrin, Rémi Courgeon, Talents hauts, Tom Poche.

gros chagrinNoémie ne veut plus être noire, elle voudrait être blanche comme ses amies et son papa. Mais, finalement, une fois son vœu exaucé, cela ne va toujours pas.
La réflexion sur la couleur de peau est habilement suggérée au fil des pages. Sous forme de dialogues, les échangent au sein des scènes se succèdent et permettent surtout de mettre en avant l’émotion du personnage principal, cette petite fille qui se sent tiraillée entre deux couleurs. Au dénouement, son petit cœur noir et blanc offre une jolie et tendre fin. L’album est un peu court mais l’adulte peut poursuivre la réflexion avec son jeune lecteur une fois l’histoire lue.

Totoche et la petite maison de Meredith

Totoche et la petite maison de Meredith, Catharina Valckx, L’école des loisirs, Kilimax.

Totoche et la petite maison de MeredithMeredith trouve une armoire, qui serait superbe comme maison de campagne. Mais voilà que Totoche découvre à son tour le meuble et l’emporte chez lui… sans savoir qu’il contient Meredith. Les deux amis vont-ils cohabiter ? Malheureusement, un fromage va causer une grande dispute… et le loup va même s’emmêler dans l’affaire.
Totoche, cette souris qui parle sans cesse, je l’aime beaucoup. Et cette histoire avec son amie la coccinelle est totalement savoureuse. Les personnages sont terriblement attachants, le suspense bien mis en scène et le dénouement très appréciable. Bref, Totoche et Meredith, je les aime énormément et il est certain que les jeunes lecteurs prendront autant de plaisir que moi à la lecture de cet album.