Il y a un monstre !

Il y a un monstre !, Marcus Pfister, Éditions NordSud.

il y a un monstrePas de doute, c’est bien un monstre qui est là-bas, avec ses quatre doigts velus et ses griffes. Tiens, d’ailleurs, il nous salue ! Et c’est ainsi l’occasion de nous présenter tous ses amis monstres : le monstre-du-placard, celui qui se cache sous le lit, celui qui est dans la cave… Une ribambelle de connaissances !
Ce livre permet bien sûr de dédramatiser la peur du monstre en le faisant apparaître de manière amicale. Le jeu le plus ludique est bien celui du pop-up : derrière une apparence qui semble normale, on soulève un rabat, et hop !, le monstre apparaît ! Puis, le volume lui donne vie. Les couleurs sont fraiches, le récit un peu longuet mais le dynamisme reste présent et le grand format ajoute un vrai plus au jeu en volume. Un album qui devrait ainsi beaucoup amuser les plus jeunes lecteurs.

On dirait nous

On dirait nous, Didier Van Cauwelaert, Albin Michel.

On dirait nousUn couple, qui s’aime. Tout semble facile, évident. Et l’envie de faire un enfant pointe le bout de son nez. Sauf que ce ne sera pas n’importe quel bébé, mais peut-être une réincarnation. Enfin… si l’on y croit ? Car, c’est impossible, n’est-ce pas ?
Dans ce roman, tout commence comme une jolie histoire d’amour, dont on savoure chaque instant de la passion amoureuse des tout petits moments, des frémissements des débuts. Et puis, l’étrange arrive, à pas de loup. Les personnages doutent, et nous aussi. Alors, on est pris dans l’histoire, on s’interroge, on commence à être pleinement au sein de la « fiction ». Et l’envie de connaître le dénouement, le fin mot de l’histoire, se fait de plus en plus pressante. Voici une histoire qui fonctionne, et qui se lit avec plaisir.

A la place du cœur, saison 2

A la place du cœur, saison 2, Arnaud Cathrine, Robert Laffont, R.

à la place du coeur 2J’avais un avis très mitigé sur la saison 1. Une écriture soignée, des personnages attachants… Mais un trop plein en arrière-plan qui fait finalement perdre au réalisme. Pourtant, les personnages continuaient de me trotter dans la tête et j’avais bien envie de savoir ce que devenait Caumes. Le tome 2 commence et, au début, la réponse tarde. Mais l’écriture toujours très travaillée est bien présente et le charme fonctionne. Vite, on est de nouveau happés dans le récit de cette deuxième saison. Et puis, surprise, l’auteur change (soudainement ?) une info importante de la narration, crée un nouveau cadre. Cela peut déstabiliser le lecteur qui peut penser que l’auteur sort d’un coup cette idée de sous son chapeau, en cours de route, sur un coup de tête. Mais, admettons. Et si on admet, cela passe. Cette fois, le cadre n’est pas too much, et les qualités trouvées au premier tome sont encore réunies. Du coup, ce tome m’a même davantage séduite que le précédent. Une seule conclusion donc : à quand la saison 3 ?

Agnès, Tome 1, Les mystères de Planctonville

Agnès, Tome 1, Les mystères de Planctonville, Kati Närhi, Kirsi Kinnunen, Jungle.

agnès tome 1Agnès est orpheline (ses parents sont morts dans un curieux accident). Alors, forcément, lorsqu’on lui demande de rédiger un devoir sur sa famille, Agnès est bien embêtée. Par contre, il y a une chose qu’Agnès sait faire mieux que tout : écouter les autres, les espionner, se mêler des choses qui ne la regarde pas.
Dans de courts récits, on suit ainsi la vie d’Agnès, on croise son chemin, on découvre des anecdotes… et, en même temps, on récolte les indices qui sont semés au fil des pages sur la mystérieuse disparition de ses parents.
Dans cette bande dessinée, on ne peut que s’attacher à cette héroïne si atypique, au physique un brin ingrat, aux attitudes déplacées, à la vie si mouvementée. Très vite, les histoires d’Agnès se dévorent et on se délecte à chaque fois du dénouement des histoires enchâssées. Les dessins, tout en noir et bleu, créent une atmosphère dans laquelle on se sent curieusement bien et où, pourtant, l’étrange rode auprès du mystérieux. Voici un tome 1 bien satisfaisant, qui donne envie de suivre les autres parutions de la série.
agnès intérieur

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle, Claude Ponti, L’école des loisirs.

bizarre bizarreAh les petits formats de Claude Ponti ! Qu’ils sont attendrissants ! On a envie de tous les avoir dans notre bibliothèque et de savourer à chaque instant les courtes histoires qui y sont narrées. Dans celle-ci, il arrive quelque chose de bien étrange à Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle : à chaque fois qu’ils se rencontrent, ils perdent des petits bouts, des petits morceaux, d’eux-mêmes. Pas de doute, voilà bien ce qu’il survient, lorsque l’amour entre dans la danse.
Quelle est pleine de poésie cette courte histoire ! Quelles sont mignonnes ces petites souris amputées, vouées à se retrouver pour se combler ! Bref, vous l’avez compris, j’adore Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle et, comme eux, j’ai laissé un bout de moi-même entre les pages dès la première lecture ; je suis désormais vouée à ne plus jamais les quitter.

Follow me back

Follow me back, A.V. Geiger, Frédérique Le Boucher, Robert Laffont, R.

Follow me backEn lisant le résumé, je pensais clairement décrocher au bout de quelques pages. Une ado qui ne veut plus sortir de chez elle à cause d’un mystérieux événement de l’été dernier, qui est fan d’une grande star et le crie sur twitter ; un ado star qui déteste l’image qui est renvoyée de lui à travers Twitter… Une rencontre virtuelle entre les deux protagonistes… bref le topo semble bien plié et l’on se dit qu’on a déjà tout compris. Et, surprise, pas du tout ! Et pourtant ils sont rares les romans où, lorsque Twitter entre en scène, on reste littéraire. Car souvent, on tombe sur un ramassis de clichés et d’évidences. Là, gros succès, l’auteur crée une vraie intrigue, réellement riche en suspense, pleine de rebondissements, avec des coups de théâtre réellement surprenants. En plus, les personnages sortent des sentiers battus : la mère en a ras les couettes de voir sa fille avec ses problèmes psychologiques, même si elle la soutient. De même pour le petit copain. Bref, le réalisme est bien là. Bilan : j’ai été totalement accro à l’histoire ! J’ai eu l’impression d’avoir 15 ans et j’ai dévoré le roman. Une vraie surprise pour un roman que les préjugés m’avaient vite fait ranger en chicklit clichée. Et jamais un roman n’a su procurer un tel suspense sur la dernière ligne ! Quelle dernière ligne ! (Pour les lecteurs bizarroïdes qui s’obstinent à la lire dès le début, là, vraiment, abstenez-vous.)
Je ne peux donc que vivement vous conseiller Follow me back, vous ne le regretterez pas.

L’histoire du soir

L’histoire du soir, Laurence Gillot, Philippe Thomine, Marc Boutavant, Père Castor.

l'histoire du soirL’histoire du soir, c’est celle que Martin Lapin va lire à ses enfants, lorsque sa femme l’appelle, avant qu’ils ne s’endorment. Il raconte alors l’histoire de… Florent Eléphant qui va lire une histoire à ses enfants, lorsque sa femme l’appelle, avant qu’ils ne s’endorment.
Bref, vous avez compris, le schéma est reproduit au fil des pages et le jeune lecteur s’amuse forcément de retrouver la construction, qu’il se met alors à attendre et savourer à chaque fois. Les phrases se ressemblent mais quelques variantes les différencient et l’on prend un grand plaisir, qu’on soit adulte ou enfant, à écouter ce jeu sur les rythmes des phrases et sur la construction enchâssée.
Voici une histoire bien sympathique qui donne envie d’être lue, encore et encore, pour apprécier à chaque fois le jeu littéraire.

Gros chagrin

Gros chagrin, Rémi Courgeon, Talents hauts, Tom Poche.

gros chagrinNoémie ne veut plus être noire, elle voudrait être blanche comme ses amies et son papa. Mais, finalement, une fois son vœu exaucé, cela ne va toujours pas.
La réflexion sur la couleur de peau est habilement suggérée au fil des pages. Sous forme de dialogues, les échangent au sein des scènes se succèdent et permettent surtout de mettre en avant l’émotion du personnage principal, cette petite fille qui se sent tiraillée entre deux couleurs. Au dénouement, son petit cœur noir et blanc offre une jolie et tendre fin. L’album est un peu court mais l’adulte peut poursuivre la réflexion avec son jeune lecteur une fois l’histoire lue.

Totoche et la petite maison de Meredith

Totoche et la petite maison de Meredith, Catharina Valckx, L’école des loisirs, Kilimax.

Totoche et la petite maison de MeredithMeredith trouve une armoire, qui serait superbe comme maison de campagne. Mais voilà que Totoche découvre à son tour le meuble et l’emporte chez lui… sans savoir qu’il contient Meredith. Les deux amis vont-ils cohabiter ? Malheureusement, un fromage va causer une grande dispute… et le loup va même s’emmêler dans l’affaire.
Totoche, cette souris qui parle sans cesse, je l’aime beaucoup. Et cette histoire avec son amie la coccinelle est totalement savoureuse. Les personnages sont terriblement attachants, le suspense bien mis en scène et le dénouement très appréciable. Bref, Totoche et Meredith, je les aime énormément et il est certain que les jeunes lecteurs prendront autant de plaisir que moi à la lecture de cet album.

Aussi libres qu’un rêve

Aussi libres qu’un rêve, Manon Fargetton, Castelmore.

aussi libres qu'un rêveL’histoire résumée sur la quatrième m’a donné envie de (re)tenter un Manon Fargetton. En effet, même si je trouve des défauts dans ses ouvrages, il est certain que l’auteur a le don de créer des univers qui m’attirent et son écriture est plutôt entraînante.
Ici, deux jumelles sont destinées à un avenir totalement différent en raison de leur date de naissance : l’une est née en décembre, l’autre en janvier. Et dans cette dystopie, cela a toute son importante car elles sont ainsi vouées à deux métiers totalement différents.
Bon, le topo de base correspond bien à une dystopie classique. On est certes dans le cliché mais le cliché a parfois du bon. Bref, l’idée séduit. Après, le problème est que l’auteur veut dire plein de choses et cela va un peu vite. Alors certes, au moins, il est certain qu’on ne s’ennuie pas. Mais la rapidité fait aussi décrocher du concept de réalisme et tout devient trop artificiel, trop préconçu. Notons tout de même que j’ai lu l’ouvrage très vite, preuve qu’il tient tout de même en haleine. Seulement, je n’ai pu tout du long que me dire : aïe, la construction est trop rapide, zut, c’est attendu, flûte, je vais encore devoir pointer les défauts. Et du coup, encore une fois, c’est dommage. J’ai vraiment envie d’aimer un Manon Fargetton, mais là encore cela ne prend pas.