Paranoïa

Paranoïa, Melissa Bellevigne, Hachette Jeunesse, Blackmoon.

paranoiaElle refuse de parler, de s’alimenter, d’accepter sa grossesse. De vivre. Le rôle de la psy est de tenter de la sauver et, surtout, de protéger l’enfant. De l’écouter parler de ses visions, de cet homme qu’elle-seule peut voir, de ses pensées secrètes. Peut-elle vraiment aider cette jeune femme sans y laisser une part d’elle-même ?
Tout au long de ce roman, on surfe sur la vague de l’étrange sans savoir si le fantastique sera confirmé ou si le réalisme l’emportera. Le lecteur peut donc choisir son clan et vibrer de suspense à chaque page, guettant chaque révélation, chaque nouveau rebondissement. Curieusement, cela fonctionne. Pourquoi curieusement ? Car certains artifices peuvent paraître un brin torturés. Mais pour moi, le suspense m’a donné envie de lire jusqu’au dénouement et, finalement, c’était bien le but premier de l’ouvrage.

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Phobie douce

Phobie douce, John Corey Whaley, Casterman.

phobie douceSolomon a décidé il y a trois ans de ne plus jamais sortir de chez lui. Et pour Lisa, Solomon fait un parfait sujet d’étude pour son mémoire d’entrée à l’université.
Ce roman est exceptionnel. Rares sont les romans qui te présentent des personnages principaux si réalistes et attachants. Une fois le livre terminé, c’est un vrai déchirement de se dire que, voilà, les personnages resteront enfouis dans ces pages. Heureusement, ils resteront dans les mémoires et continueront de s’y épanouir.
Vous l’avez compris, on ne peut que s’attacher aux trois protagonistes de l’histoire. Et quelle histoire ! Les dialogues sont fins, drôles, très bien pensés et les rebondissements créent un suspense qui donne envie de ne jamais arrêter de lire l’histoire. Une seule conclusion s’impose : Solomon, tu vas tant me manquer.

Sharko

Sharko, Franck Thilliez, Fleuve noir.

sharkoElle a décidé d’aller enquêter sans en parler, discrètement, pour seulement donner un coup de main, pour juste jeter un œil. Mais voilà qu’elle doit sortir son arme, tirer et qu’un cadavre lui tombe sur les bras. Qu’en faire ? Avec son mari, ils sont d’accord. Il n’y a qu’une issue : récupérer l’enquête et fausser les pistes. Mais même les meilleurs peuvent commettre des erreurs.
Ce polar est extraordinairement bien mené. Car le suspense est amplifié par le double intérêt : celui de l’enquête pure et celui de la quête pour flouter les pistes. Thilliez mène magistralement bien sa narration pour semer les pièces du puzzle au compte-goutte, pour rendre accro le lecteur, pour créer un roman qui reste dans les mémoires. Un peu de trash s’ajoute à ce joyeux florilège de réjouissances lectorales. C’est donc un sans-faute. Et pour les amateurs des personnages, il est certain qu’ils pourront certainement encore les suivre.

La servante écarlate

La servante écarlate, Margaret Atwood, Sylviane Rue, Robert Laffont, Pavillons Poche.

la servante écarlateJ’ai vu la série avant de lire le roman. Et bien évidemment, c’est une erreur. D’autant que la série est extrêmement bien réussie. Du coup, durant la lecture, je ne pouvais que songer aux épisodes visionnés, aux parallèles retrouvés, aux scènes respectées, aux écarts accordés. Bref, ce fut dommage car je pense que cela m’a bien parasité la lecture. Il eût fallu commencer par le roman. Car la découverte de cette société est captivante, intrigante et inspire grandement la réflexion. Je fus même déçue que l’ouvrage ne présente pas d’espoir de rébellion. Ce fut cependant une lecture agréable, que je recommande chaudement. Mais, si possible, avant de voir la série. Sinon, l’intérêt décroît.

Demain j’arrête

Demain j’arrête, Gilles Lejardinier, Fleuve éditions, Pocket.

demain j'arreteEh bien ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas attendu demain pour l’arrêter. Devant le succès de ce livre, j’ai fini par céder. Alors oui, c’est léger. Mais dans le cas présent, on est carrément en train de voler dans la stratosphère. L’histoire est d’une incroyable platitude. La pseudo rébellion du personnage principal est insipide et la caricature devient étouffante. Bref, le livre tombe des mains quand l’énervement sort trop par les oreilles. Chez moi, c’est arrivé vite. Vite, oublions.

Un appartement à Paris

Un appartement à Paris, Guillaume Musso, XO éditions.

Un appartement à ParisUn appartement, deux personnes. Une mort d’enfant, des œuvres d’art. Un début de mystère.
Des Musso, je n’en avais lu qu’un, comme ça, pour voir. Pour comprendre l’engouement, le succès. Et je m’étais dit, pour résumer : mouais, bof. Toutefois, j’ai décidé de retenter l’aventure. Et, verdict : j’ai bien fait !
On a ici un polar bien ficelé digne des grands, un suspense crescendo qui tient en haleine et incite à la tourne de page et des personnages fort attachants. Résultat : on est à fond dans l’histoire, on dévore le roman, on est charmé. Je me suis laissée prendre dans la lecture et j’ai bien aimé ce policier détendant. Une heureuse surprise.

Le soleil est pour toi

Le soleil est pour toi, Jandy Neslon, Nathalie Peronny, Gallimard, Scripto, Pôle fiction.

Le soleil est pour toiLe soleil est pour toi fait partie de ces rares romans qui te font vivre une expérience inédite. Formidablement bien menée de la première à la dernière page, l’œuvre t’emmène, te subjugue, t’emporte et te bouleverse.
L’histoire ? Celle de deux jumeaux, une fille et un garçon. L’art les réunit, les désunit, les relie et les sépare. Chacun s’épanouit, et leur lien s’étiole ou s’intensifie.
Comment vous narrer l’inénarrable ? Ici, on est face à une œuvre d’art et l’émotion des mots fait des vagues à chaque page. On ne peut pas résumer, on ne peut pas condenser. Il faut tester l’expérience, se laisser surprendre par le style, où les mots déferlent de manière inattendue. La temporalité fait des vagues, les récits s’enchâssent, les personnages se construisent. Et le lecteur, à bout de souffle, savoure. Une pépite donc.

Les élémentaires

Les élémentaires, Nadia Coste, Castelmore.

les élémentairesCassandra a un problème : elle n’arrive pas à contrôler son don de feu. Et elle s’enflamme et enflamme à tout-va. Mais tout va peut-être changer : il est question d’une cure pour la soigner.
L’histoire est attrayante, l’univers fantastique vite accepté et le personnage bien personnifié. Alors pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ? Car la narration se perd, les points de vue changent au mauvais moment, l’auteur choisit d’agrandir son monde quand il conviendrait de rester focalisé sur l’intrigue première et les péripéties sont finalement peu tumultueuses. Du coup, les pages se tournent mais l’intérêt décroît, mais la lassitude survient, mais le suspense se fait peau de chagrin. C’est dommage car l’histoire était prometteuse. Seulement voilà : la construction a manqué de recul. Regrettable donc.

Alive, Tome 1

Alive, Tome 1, Scott Sigler, Mathilde Montier, Lumen.

aliveElle ne sait plus son nom et elle est enfermée dans son cercueil. Premier objectif : en sortir. Deuxième : comprendre ce qu’elle fait ici. Mais un troisième objectif survient : survivre.
Au début, l’ambiance huis clos m’a séduite. On est à fond dans l’intrigue, on a envie de savoir. Et puis, les rebondissements surviennent. Nombreux. Problème : ils sont trop nombreux. Ce qui fait que tout devient possible et on perd les codes de lecture. Le suspense devient lassitude. Enfin, on entre en pure SF et c’est totalement regrettable à mon sens car on a perdu la magie de l’intrigue du début. Je n’irai donc pas jusqu’à lire les tomes suivants.

Boys don’t cry, Les garçons ne pleurent (presque) jamais

Boys don’t cry, Les garçons ne pleurent (presque) jamais, Malorie Blackman, Milan, Macadam.

Boys don_t cryParfois, on passe à côté de perle. Ce roman, paru en 2011, m’avait échappé. Ouf, je l’ai découvert et je vous fais part de cette merveilleuse rencontre. Ainsi, vous ne passerez pas à côté de cette pépite.
Dante a 17 ans et, un beau matin, son ex vient lui déposer sans crier gare un paquet auquel il ne s’attendait pas : sa fille.
Dès les premières pages, le lecteur est entraîné par l’écriture fort talentueuse de Malorie Blackman (auteure de la fabuleuse série Entre chiens et loups), et les pages se tournent à une vitesse folle, si bien que le roman donne envie d’être lu d’une traite. Quel suspense ! Mais ce n’est pas tout : l’auteur mène parfaitement sa narration pour dresser des portraits intensément justes et les réflexions psychologiques des personnages sont intenses et profondes. Aussi, d’autres histoires annexes en second plan créent elles aussi un suspense grandissant. Sans oublier également l’humour, qui survient par petites touches savamment déposées. Et puis cette deuxième partie du roman, qui saisit aux tripes et donne les larmes aux yeux. Pfiou, elle dure longtemps la boule dans la gorge à la fin de la lecture…
Quel talent d’écriture ! Je ne peux que féliciter l’auteur pour ce roman captivant et parfaitement bien mené, que je vous conseille naturellement de lire urgemment.