The last contract

The last contract, Ed Brisson, Lisandro Estherren, Niko Guardia, Boom studio, Ankama.

The last contractUn ancien tueur qui doit reprendre du service une dernière fois.
L’histoire est archi vue et revue… Et ça marche ! Car dans ces histoires, tout est question de construction, de puzzle, d’intensité d’actions et de suspense. Et dans cette bande dessinée en one shot tout est parfaitement bien pensé pour captiver le lecteur de la première à la dernière page. L’intensité est présente tout au long de la lecture, les personnages sont évidemment clichés et c’est pour cette raison qu’on les aime, les retournements sont attendus mais sont savoureux. Bref, le trash est pile poil comme il faut et l’album est un sans-faute. A offrir d’urgence aux amateurs du genre qui aimeront le respect du code. Car, évidemment, il faut aimer. Cela tombe bien, c’est mon cas.
The last contract inter

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Dans un silence

Dans un silence, Abbi Glines, Hugo Roman, New Way.

dans un silenceOk, il faut l’avouer, le roman a l’air totalement bidon. La couverture est cucul à souhait, le titre aussi, et l’on ne peut que douter en voyant la collection. Pourtant, le résumé a de quoi intriguer : une ado qui refuse de parler car elle a vu son père tuer sa mère, un ado perturbé par son père atteint du cancer. Bref, on est loin de la couverture. Et… eh bien j’avais tort. Il fallait croire la couverture évidemment. On a ici un roman d’une grande platitude, dont le seul but est la relation entre les deux personnages. Tout se floute dès le début quand les personnages se trouvent irrésistiblement beaux, les muscles étant saillants blablabla… ça y est, on est dans la spirale de l’ennui du roman à l’eau de rose de base. On a ensuite des pages et des pages de… rien. Car l’auteur n’a rien à raconter. Du coup, on ferme le roman évidemment, et on le repose là où il était pour l’y laisser pour, environ, l’éternité.

Le Lac des cygnes

Le Lac des cygnes, Tchaïkovski, Pierre Coran, Olivier Desvaux, Nathalie Dessay, Didier Jeunesse, un livre un cd.

Le Lac des cygnesDans cette édition du Lac des cygnes, le regard est immédiatement happé par les magnifiques peintures d’Olivier Desvaux. S’inspirant des réelles attitudes des danseurs de l’opéra lors des représentations, le peintre nous fait voyager : on perçoit à travers les images toute l’intensité des scènes, on ressent le dynamisme de l’action, on vibre d’émotion à chaque coup de pinceau. Alors que dire lorsque le cd se joint à la lecture et que les notes de musique emplissent nos oreilles ? Tous les sens sont alors comblés et la voix de Nathalie Dessay entre en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’œuvre afin d’offrir une lecture au ton juste et au débit bien pensé.
L’album prend son temps, et c’est bien appréciable. Il ne peut en être autrement pour ces albums qui sont autant œuvre visuelle que sonore et qui forment un tout unique et totalement abouti.
Vous l’avez compris, cette œuvre est exceptionnelle et devrait intégrer chaque bibliothèque. Que dire de plus : filez en librairie !

Miss Dumplin

Miss Dumplin, Julie Murphy, Isabelle Troin, Michel Lafon Poche.

Miss DumplinWill a des formes. Mais alors vraiment beaucoup. Pas juste le petit emballage. Bon, pour résumer, Will est grosse. Voilà, c’est dit. Et alors ? Est-ce vraiment un mal ? Doit-elle vraiment perdre du poids, comme le voudrait sa mère ? N’a-t-elle vraiment pas le droit à l’amour ? Et, surtout, d’être heureuse ?
Dans ce roman, on découvre les pensées de toute jeune fille enrobée : il me dit que je suis belle mais j’entends grosse, la vie est plus facile pour les minces, je n’ai pourtant aucune envie de changer quoi que ce soit, car je suis ainsi. Cette ambivalence de sentiments est très bien retranscrite. Mais on a aussi les pensées habituelles de toute ado : des difficultés à s’entendre avec sa mère, à trouver sa place, à tenir une longue relation en amitié et en amour. Et le roman se dévore, ô oui !, vraiment rapidement. Les pages se tournent, on brûle d’envie de savoir ce qui va advenir, on devient complètement accro aux confidences de l’héroïne. Bref, voici un roman young adult vraiment bien écrit et bien pensé : à glisser sous le sapin ou à s’offrir avant pour les impatients.

Aurélie et son secret

Aurélie et son secret, Sabine du Fay, Oskar Jeunesse,

Aurelie-et-son-secretAurélie a un secret, quelque chose qu’elle veut vraiment garder caché. Mais ce n’est pas tout : c’est aussi une ado qui tente de s’accepter et de trouver sa place dans le monde.
L’auteur utilise une langue fort travaillée. Pourquoi pas. Mais encore faut-il conserver l’intérêt du lecteur. Car ici, les phrases tarabiscotées signent une langue dépassée et on a l’impression d’entendre grand-mamy raconter une histoire sans queue ni tête et, surtout, sans fin. En plus, l’auteur veut bien faire, elle use de clichés de bienséance et de bienveillance. Et voilà comment on retrouve un personnage en fauteuil roulant mais naturellement souriant afin de promouvoir la mixité, la tolérance, le handicap, blabla… pfiou, on s’ennuie déjà. Du coup, on n’adhère pas au fantastique car on voit trop le travail d’écriture et le livre tombe des mains. Tant pis.

Mortelle Adèle, Tome 1, Tout ça finira mal

Mortelle Adèle, Tome 1, Tout ça finira mal, Mr Tan, Miss Prickly, Tourbillon, Globulle.

Mortelle Adèle, Tome 1, Tout ça finira malAdèle, c’est la maîtresse d’Ajax : une petite fille au caractère bien trempé qui aime le sadisme et lutte contre les clichés.
A chaque page, Adèle nous régale avec un gag qui prend place en quelques bulles. Et il est étonnant de voir à quel point on peut rire en seulement deux vignettes ! En plus, l’humour change sans cesse de style : de quoi renouveler sans cesse l’intérêt du lecteur et captiver chacun selon ses accointances. C’est un fait : on dévore ce tome que l’on est 5 ou 31 ans ! Vite, à vos tomes ! En plus, lecteurs chanceux, il existe déjà treize tomes ! Et si vous en voulez encore, lisez les Ajax (plus accessible aux plus jeunes) et jouez au jeu de société Mortelle Adèle afin de réaliser des défis hilarants et de faire de sales tours à vos proches. Bref, ne quittez plus Adèle, c’est vraiment une fille géniale (mais ne lui dites pas, elle vous taperait !).

Les aventures de Charlotte Holmes

Les aventures de Charlotte Holmes, Brittany Cavallaro, Isabelle Chapman, Pocket Jeunesse.

Les aventures de Charlotte HolmesLes descendants de Holmes et Watson qui se rencontrent, il y a de quoi créer un événement explosif. Mais, pas le temps pour la fête ou la romance (ce qui aurait été du goût de Jamie Watson), car voilà que les deux ados sont la cible privilégiée afin de désigner le coupable d’un assassinat. Un coup monté contre ces figures emblématiques a-t-il ses chances ?
Les personnages sont intensément riches. On a une Charlotte Holmes délicieusement énigmatique et un Jamie Watson un brin maladroit et terriblement attachant. Le style est original, le concept inédit : voilà de quoi former un premier tome réussi. Pour autant, on notera toutefois que l’on peut être toutefois rebuté par l’écriture toujours bien pensée. Aussi, le dynamisme manque parfois à l’appel. Pour moi, cela a suffi à générer une lassitude au fil de la lecture alors que pourtant les réussites littéraires étaient bien là.
A chacun de se faire son opinion donc. Pour cela, il faut tenter !

Très cher Père Noël

Très cher Père Noël, Emma Chedid-Advenier, Dankerleroux, De la Martinière Jeunesse.

Très cher Père NoëlQuatre histoires sont réunies au sein de cet album très grand format : celle d’Aglaé qui a peur de tout, même du Père Noël ; celle de Barnabé qui demande à recevoir un « oui » en cadeau ; celle de Noémie qui désire ardemment un rouleau de scotch spécial grandes personnages et celle d’Arthur qui dresse une liste interminable sans un mot de politesse. Le Père Noël, c’est bien connu, va alors devoir s’occuper de chaque enfant.
Chaque année, la relecture de cet album est un régal. D’abord, l’objet livre est magnifique : on admire les grandes illustrations, on apprécie le grand format, on s’amuse à ouvrir les vraies lettres insérées sur les pages. Ensuite, les histoires sont toutes intrigantes et captivantes. On a nécessairement envie de savoir comment le Père Noël va trouver une solution. Enfin, on savoure l’humour : entre le Père Noël parfois un peu perdu et les envies saugrenues des enfants, le lecteur a de quoi s’amuser. Voici un bel album, à lire en quatre ou une fois, qui s’appréciera chaque année en cette période de fin d’année.

Des dieux et des héros, Mythologie & Histoires de toujours

Des dieux et des héros, Mythologie & Histoires de toujours, Hélène Kérillis, Gabriel Rebufello, Hatier Jeunesse.

Des dieux et des hérosQuelle sera la punition de Prométhée pour avoir donné le feu aux hommes ? Comment disparaîtra Perséphone ? Est-ce une bénédiction de tout transformer en or ?
Dans ce recueil, plusieurs récits mythologiques sont réunis. Sept histoires se succèdent ainsi au fil des pages afin de faire découvrir aux jeunes lecteurs des bribes de mythe. En quelques pages, l’auteur parvient à créer rapidement l’atmosphère adéquate, à bien positionner les personnages et les tenants et aboutissants et à narrer efficacement les principales étapes du récit. Ainsi, le jeune lecteur peut découvrir ces récits qui graveront à jamais sa mémoire. En plus, de courts jeux sont semés au fil du texte, de quoi faire perdurer l’intérêt tout au long de l’œuvre. De quoi donner envie de découvrir les autres titres de la collection.

Kereban

Kereban, David Alcide, Edi8, 404 éditions.

KerebanLa ville de Kereban va connaître une soudaine évolution lorsqu’on découvre sur son territoire un gisement d’akos, si rare et précieux. Et même, la guerre approche à grands pas.
Dans cette œuvre, le lecteur a sous les yeux une succession de documents : extraits de journaux, articles, bribes de discussions, notes… C’est une compilation d’informations, une multitude de formats et de genres qui forment, ensemble, un récit. Au lecteur de trouver son chemin, de créer les liens, de déduire. Le processus a de quoi capter l’attention : on a sans cesse envie de connaître le contenu du document suivant.
Seul bémol dans ce système de lecture : l’attachement sentimental est nécessairement moindre. Il est difficile de composer des personnages, de créer l’identification. Quelques lecteurs peuvent alors décrocher par le manque de repères romancés. Aussi, la succession peut, paradoxalement, lasser. Car les péripéties sont parfois assez minces.
Mais gageons que le lecteur sera comme nous emporté par l’originalité du concept. Et pour plus d’émotions sur un processus similaire, on ne peut que conseiller le sublime Illuminae.