Frankenstein

Frankenstein, Junji Ito, éditions Tonkam.

FrankensteinL’histoire est connue. Alors quelle adaptation en faire lorsqu’on choisit de changer le support ?
Ici, l’auteur ne semble avoir fait que de bons choix. On retrouve l’atmosphère et l’univers du roman ainsi que les personnalités des personnages. Puis, au fil des pages, on oublie l’œuvre d’origine et on entre totalement dans la lecture du roman. Viennent alors un suspense grandissant et une envie saisissante de sans cesse tourner les pages. C’est donc une belle réussite, voici l’adaptation que je conseillerais. En plus, un petit supplément final ajoute un peu de légèreté et donne envie de découvrir les autres œuvres de l’auteur. Une belle édition donc.
Frankenstein interieur

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Mes endroits à moi

Mes endroits à moi, Gaia Stella, Grasset Jeunesse.

mes endroits à moiApprochez, approchez, venez suivre Alice, elle vous emmène au cœur de ses endroits. Tous ces lieux, connus et secrets, qui font son quotidien, son monde, son univers. Là, où elle évolue, où elle grandit, où elle rencontre et où elle explore. On entre ainsi dans sa maison et on en découvre chaque recoin ; on poursuit dans la serre où le voyage devient féérique et merveilleux ; on enchaine au théâtre, lieu de toutes les possibles… Et à chaque page, une nouvelle surprise, une nouvelle découverte. A la fin de la lecture, une seule question se pose alors : et nous, quels sont ces lieux, ces endroits rien qu’à nous, que nous voyons chacun à notre manière, qui sont façonnés par notre regard, qui participent à construire ce qui fait que nous sommes nous. Voici un bel album, très graphique, où la construction géométrique des pages crée une parfaite alliance avec les couleurs dynamiques choisies par l’auteur. On a ainsi une œuvre véritablement originale et artistique, poétique et un peu philosophique. Une belle création pour les jeunes lecteurs.

Les journées calamiteuses de Clémence

Les journées calamiteuses de Clémence, Sophie Henrionnet, PlayBac,

CVT_Les-calamiteuses-journees-de-Clemence-_7266Le journal intime d’une ado qui se plaît de la vie, qui a une belle-mère, un nouveau frère par alliance et des problèmes avec ses amis et profs…
Euh… comment dire… on nage dans le cliché. Mais ! Mais on ne peut que saluer le mérite de l’auteur car, dans ce bain de déjà-vus, elle parvient pourtant à : 1) faire rire ; 2) émouvoir et 3) capter l’attention du début à la fin. Et ce sont bien là trois réussites tout à fait honorables. On notera que, pour une fois, le deuil maternel n’est pas faussement mis à la trappe. Souvent en effet la mort du proche est laissée en trame de fond et rapidement oubliée ; ici au contraire, la narratrice en parle, en reparle, en rereparle, ce qui semble bien réaliste et donc bienvenu et pertinent. On apprécie aussi l’humour et quelques idées de péripéties originales. Alors bien sûr, on n’est pas en face de l’innovation du siècle mais ce roman remplit son contrat, c’est bien.

Izana, La voleuse de visage

Izana, La voleuse de visage, Daruma Matsuura, Hana Kanehisa, Diane Durocher, Lumen.

izanaÊtre née laide, voilà bien une malédiction dont se serait passée Izana. Surtout l’année de sa naissance, terrible date maudite. Dans ce monde de contes, de fables, de légendes, et s’il y avait un soupçon de vérité, une parcelle de possible ?
On sent dès les premières pages une atmosphère de conte au coin de feu. Les estampes ouvrent avec beauté les chapitres, les noms des personnages créent une musicalité chantante et les récits sont immédiatement envoûtants. On est alors grandement pris par l’action et on s’attache aux personnages. On apprécie même la lenteur de certains passages.
Mais pourquoi, vraiment pourquoi, la quatrième de couverture et même la couverture annoncent un revirement, supposé surprise, qui ne survient qu’à la toute fin du livre ? Je ne comprends pas ce gâchis éditorial. Indéniablement un raté car la lecture en est nécessairement faussée. Dommage.
Il faut donc fermer les yeux et ouvrir directement l’ouvrage à la première page pour le savourer comme il se devrait.

Roji, Tome 9

Roji, Tome 9, Keisuke Kotobuki, Ki-oon.

RojiDu rose, clairement supposé séduire le lectorat féminin. Des chats qui parlent, sûrement pour le même objectif. Des déesses, pour le folklore.
Bon. On a clairement un manga qui reprend les ingrédients qui fonctionnent et qui touille pour en faire une nouvelle sauce. Le résultat a un goût acceptable. De là à citer Miyazaki et Alice au pays des merveilles sur la quatrième, il faut quand même ralentir l’élan de prétention. Mais il est vrai que la colorisation sur chacune des pages rend l’objet libre séduisant et attrayant et que le lectorat ciblé y sera sûrement sensible.

Outliers, Tome 1, Les Anomalies

Outliers, Tome 1, Les Anomalies, Kimberly McCreigth, Robert Laffont, R.

outliersOuhla… rarement un roman parvient ce tour de force : créer du suspense tout en ne racontant… rien. Voilà que le lecteur est maintenu en haleine par un minuscule brin d’intrigue. Et cela dure, cela dure ! Durant une grosse moitié du roman, il ne se passe presque rien. Et l’on en vient à se demander si la quatrième de couverture ne raconte pas un autre roman. Et puis, bonjour, les liens se tissent d’un coup. Ah oui, c’est vrai, semble d’être dit l’auteur, il faut que mon histoire… en raconte une. Nous voilà alors enfin confrontés à la quatrième et… non, toujours pas de réelle construction.
Comme j’avais lu qu’un retournement final créait un réel cliffhanger, j’ai tenu mais la fin du roman survient comme les bouteilles gazeuses que l’on n’a pas secouées : sans bruit, sans peps, avec un petit pshuit inutile. Conclusion : prenez plutôt un café.

Wondercat, Une peur bleue

Wondercat, Une peur bleue, Audren, Albin Michel Jeunesse.

Wondercat, Une peur bleueUn chat (bleu donc) qui peut modifier les appareils électroniques et communiquer grâce à un collier. Des parents loufoques. Une énigme. Une sœur… naturellement différente du narrateur.
Bref, on a bien là la recette pour créer un roman plein d’humour et riche en actions et rebondissements. Ainsi, j’ai été séduite par les traits de caractère des parents et par les scènes comiques. En revanche, le narrateur fait pâle figure : absent, il narre en fantôme, sans réelle empreinte dans l’univers livresque. Aussi, cela va vite et les informations sont nombreuses : j’ai certes été entraînée par l’histoire mais qu’en est-il du jeune lecteur qui développe ses compétences lectorales ? N’est-ce pas un poil trop ? Audren est incontestablement une auteure de talent mais ce titre m’a globalement moins charmée que ses autres œuvres.

J’apprends à lire avec Sami et Julie

J’apprends à lire avec Sami et Julie, Niveau 1, Début de CP, Emmanuelle Massonaud, Hachette éducation.

23634354_10154852909111423_1239195101_o.jpgVoici une collection très intéressante qui m’a grandement convaincue. Bien sûr, l’objectif pédagogique est certain : il s’agit de s’adresser aux lecteurs débutants. Et quel plaisir pour le jeune lecteur de commencer à associer ses premiers sons, de découvrir une vraie histoire, de lire son premier « vrai » livre tout seul. Souvent, en classe, on crée des phrases en supprimant les difficultés, on « fabrique » un texte adéquat. Ici, on a en plus l’objet livre, avec uniquement les sons simples pour ce premier niveau (la suite vient avec les niveaux suivants) ; les lettres muettes sont grisées pour plus de facilité de lecture et le texte, très court, est redondant de l’image afin d’aider à la bonne compréhension. Bref, tout cible juste. Découvrez sans plus attendre un extrait de la lecture d’Alicia, jeune lectrice de moyenne section :

Danse !, Tome 1, Nina graine d’étoile

Danse !, Tome 1, Nina graine d’étoile, Anne-Marie Pol, Pocket Jeunesse.

Nina-graine-d-etoileDepuis la mort de sa mère, Nina danse avec un nouvel objectif : rester proche de l’être perdu. Alors lorsque son amie lui annonce quitter l’école de danse pour une autre école plus prestigieuse, la jeune fille n’a qu’une envie : passer elle aussi l’audition. Mais son père, désormais au chômage, acceptera-t-il ? Et si en plus une nouvelle belle-mère vient se mêler des discussions, tout se complique.
Dans ce roman, on a le bon équilibre entre la danse et un récit autre. Le lecteur avide de lire des détails techniques sera donc comblé par la précision des positions et exercices. Et il trouvera aussi un intérêt à l’histoire qui, loin d’être platonique, est riche en rebondissements. On a ainsi un personnage bien pensé, un contexte familial intriguant et une histoire qui gagne en intérêt. Bien sûr, on est un peu dans un monde rose cuicui les petits oiseaux mais… Et alors ? Parfois, cela fait du bien, aussi, le bonheur.

Sauveur et fils, Saison 3

Sauveur et fils, Saison 3, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs.

sauveurs et fils 3Où l’on retrouve avec plaisir ceux que l’on s’est mis à aimer : notre grand psy au grand cœur, notre Ella, le jeune Gabin… et Gervaise, bien sûr. Et où l’on rencontre aussi de nouveaux personnages, de nouveaux tableaux, de nouvelles histoires.
Est-il possible de créer un troisième tome meilleur que les précédents volumes d’une série. Si la généralité est souvent négative, voici le tome qui fait exception : on a bien ici la suite d’une suite encore plus captivante et passionnante que les premiers épisodes. Peut-être car on s’attache davantage encore aux figures que l’on y croise, peut-être car l’addiction est définitivement avérée, peut-être car Marie-Aude Murail nous montre encore une fois qu’elle est une incroyable auteure. Qu’importe au fond la raison, voilà qu’on a l’ivresse, celle de la passion dévorante de lire encore et encore, celle de ne plus quitter, jamais jamais, nos personnages, celle qui nous faire dire : alors, la saison 4 ?