Cruelles

Cruelles, Clarke Cat, Alexandra Maillard, Robert Laffont, R.

CruellesTara est morte et Alice ne cesse de voir son fantôme. Peut-être à cause d’une bonne part de culpabilité ?
Ce roman repose sur le même principe que Revanche. On est happé par le décès inexpliqué des premières pages, on est ensuite scandaleusement choqués, on a hâte de connaître l’issue. Mais, ici, un trop plein de longueurs vient gêner la lecture. Ça traîne, ça parle beaucoup, c’est guimauve et mollasson. Pourtant, certaines scènes sont bien rythmées et l’héroïne n’est pas (si) cruche. Je pense qu’il manquait une bonne dose de rebondissements pour créer un intérêt renouvelé tout du long. Malgré ces lenteurs, l’écriture reste addictive et maîtrisée et, bien que le dénouement soit convenu, la lecture reste agréable jusqu’à la fin.
A tenter pour compléter la collection donc.

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Sauveur et fils, Tome 4

Sauveur et fils, Tome 4, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, Médium +.

Sauveur-et-filsL’histoire, vous la connaissez. J’en expose quelques bribes ici ou . Alors que penser de ce tome 4 ? Déjà, scandaleux, c’est le dernier. Et c’est très difficile de se dire que l’on doit quitter ainsi nos chers personnages. J’aurais aimé les accompagner encore un peu, connaître leur futur, découvrir leur vie… Drame, l’auteur fait faux bond. Passés ces regrets, je porte mon coup de cœur au tome 3, s’il fallait en choisir un. Mais, bien sûr, je ne peux que vous re-re-re-conseiller de lire cette série. Et si vous m’avez déjà écoutée, vous n’avez même pas besoin de cet article puisque vous êtes nécessairement accro aux tomes précédents.
Sauveur, tu vas me manquer.
Ella, ne le dis pas, mais tu étais ma préférée.

Revanche

Revanche, Cat Clarke, Alexandra Maillard, Robert Laffont, R.

RevancheKai est mort. Il s’est suicidé après la diffusion d’une vidéo révélant à tous son homosexualité. Pour sa meilleure amie, c’est la fin du monde. De son monde. Elle est prête à le quitter aussi… lorsqu’elle découvre le nom des coupables. Une vengeance se met en place.
L’écriture de Cat Clarke est totalement maitrisée et addictive. Elle saisit parfaitement bien les personnalités adolescentes, les ressentis, les émotions. Ce roman est intelligent et brillant. Les scènes d’amour et de sexe sont bien narrées, sans cruchitude féminine. Les rebondissements sont scandaleux et le roman se dévore. Au dénouement, un coup de théâtre pouvait se pressentir mais la vraie fin, la toute toute fin, grands dieux jamais ! Qui ose ce dénouement totalement bluffant ? Voilà une auteure qui ne cesse donc de nous surprendre. Un roman fort, bien mené, intense et émouvant : un roman à lire absolument.

Clémentine n’aime que le rouge

Clémentine n’aime que le rouge, Krystyna Boglar, Lydia Waleryszak, Bohdan Butenko, La Joie de Lire, Hibouk.

clementine_naime_que_rouge_RVB-270x381Trouver une petite fille dans la forêt, voilà qui n’est pas banal. Mais quand la petite fille annonce avoir perdu Clémentine, la petite troupe composée de Marc, Nini et Paupiette se lance dans une enquête riche en rebondissements.
Il est certain que l’humour est présent dans chaque page de ce roman. Et le lecteur attend, avec un suspense grandissant à chaque nouveau chapitre, de savoir, enfin, qui est Clémentine. Bien sûr, le coup de théâtre fonctionnera et ravira les lecteurs à coup sûr. Cependant, on peut noter quelques longueurs, et c’est dommage. L’auteur a du style et une bonne idée… Mais on pourrait couper grandement dans le texte et obtenir un roman beaucoup plus court et pertinent.

Garçon ou fille

Garçon ou fille, Terence Blacker, Stéphane Carn, Gallimard, Scripto.

Garçon ou filleLa mère de Sam est morte. Le jeune garçon se retrouve parachuté dans la famille de son cousin. Craignos, la famille. Quant à Matthew, il en a vite assez de ce cousin, certes endeuillé, mais fort pénible. Mais un défi est lancé et voilà que Sam doit se déguiser en fille. Les cousins en sont rapprochés et Sam se prend bien au jeu. Très bien même. Trop bien ?
Dès les premiers mots, on sent que l’auteur a du style. Un je-ne-sais-quoi qui crée l’adhésion du lecteur. En quelques pages, les portraits transforment les personnages de papier en véritables jeunes que l’on a l’impression de côtoyer. Et l’alternance des voix crée un intérêt sans cesse renouvelé, ce qui donne du dynamisme au récit et relance en permanence l’action.
Mais, gros bémol, les clichés sont présents. Dans ce jeu de garçon-fille, l’auteur appuie les stéréotypes, enfonce encore plus profondément les barrières qui sont supposées séparer les sexes et propose des péripéties de plus en plus agaçantes. Du coup, l’idée au départ fort sympathique qui pulsait l’intrigue est mal traitée et perd tout intérêt. Dommage car la trame de fond et l’arrière-plan étaient très bien trouvés et le suspense lié à cette seconde intrigue est fort bien mené du début à la fin. Conclusion : chère auteure, la copie est à revoir.

Le monde dans la main

Le monde dans la main, Mikaël Ollivier, éditions Thierry Magnier.

le monde dans la mainUn jour, en sortant d’IKEA, la mère de Pierre s’en va. Vraiment. Totalement. Définitivement. Pour Pierre et son père, il est temps de chercher à comprendre, temps de voir une page se tourner, temps de voir surgir quelques secrets.
Mais qu’il est doué, cet auteur, pour nous faire vibrer et ressentir des émotions ! Comment réussir à nous nouer la gorge tout en nous faisant sourire ? Quel tour de force ! Car dans ce roman, les émotions sont multiples, comme celles du personnage. On navigue au milieu de secrets de famille, de scène de vie du quotidien, de relations, et d’amour, bien sûr. Le suspense s’épaissit, les rebondissements retentissent avec forte surprise et les personnages évoluent. Arrive le dénouement qui, sans ne rien vous révéler, serre intensément la gorge et donne encore plus frisson.
J’étais passée à côté de ce roman à sa sortie, ne faites pas la même erreur que moi plus longtemps et filez vite dans votre librairie préférée !

Les princesses aussi vont au petit coin

Les princesses aussi vont au petit coin, Chabouté, Vents d’ouest.

les princesses aussi vont au petit coinIl est de ces auteurs qu’on ne peut pas raconter, expliquer. Il faut lire. Il faut avoir entre ses mains les planches de Chabouté pour connaître ce style, souvent imité, rarement égalé. Ce noir et blanc percutant, ces planches sans texte, ces histoires inattendues et surprenantes. Tout au long de cet album, on s’interroge. On cherche les indices, on creuse les pistes. Et, inévitablement, on s’égare. Car il a ce talent, Chabouté, de toujours te surprendre. Les pages marquent, les histoires restent. On ne sort jamais indemne d’un Chabouté. Bref, il vous faut sans plus tarder les lire. Tous.

Mondes obliques

Mondes obliques, Clarke, Le Lombard.

realites-obliques-tome-2-mondes-obliquesToujours avec le même format, en noir et blanc, avec exclusivement de courtes bulles de textes, les histoires transcendent. Brèves, elles frappent. Intenses, elles choquent. Vives, elles émeuvent. En quelques vignettes, l’auteur dresse une situation, des personnages. En fil rouge : une atmosphère oppressante et la mort. Un coup de théâtre qui devient attendu. Une surprise qui se savoure.
Voilà un recueil bien sombre, qui se dévore ou se déguste lentement, selon les goûts. En tout cas, sûr qu’il s’apprécie.

Le choix de Rudi

Le choix de Rudi, Françoise Dargent, Le livre de Poche Jeunesse.

Le choix de RudiLa vie de Rudi commence dans la pauvreté. L’union Soviétique n’est pas fort agréable à vivre pour un jeune garçon qui se rêve danseur. Pourtant, Rudi persiste. S’entraîne. Progresse. Et réussit. Les années passent et le danseur est toujours là. S’ajoute alors un brin d’opposition à son tempérament. Ce qui ne lui rend pas toujours la vie facile.
La vie de Rudi, on en voudrait davantage. Car l’auteur nous livre ici une biographie, romancée, pleine de vie et de force. On vibre au sein de chaque pirouette, on se concentre sur les dégagés, on frémit lors des enchaînements. Et quelle émotion de voir ce personnage grandir et changer au fil des pages. Et quelle tristesse lorsqu’arrive la dernière page. Heureusement, l’auteur nous livre quelques informations sur la suite, de quoi ne pas nous laisser trop sur notre faim.
Passionnés ou non de danse, vous ne pourrez être que touchés par cette histoire qui semble celle d’un conte d’antan mais dont la réalité lui donne plus de force encore.

L’ogre au pull vert moutarde

L’ogre au pull vert moutarde, Marion Brunet, Till Charlier, Sarbacane, Pépix.

L'ogre au pull vert moutardeDans le foyer pour enfants où sont contraints de vivre Abdou et Yoan, un nouveau veilleur est recruté. « Léger » problème : c’est un ogre. Et il a la dalle.
Évidemment, le lecteur est au début aussi sceptique les personnages. Mais il faut parfois accepter les évidences. Et, passé ce cap de l’imaginaire, on plonge alors dans un grand bain de réjouissances littéraires.
Sur un petit ton à la Roald Dahl, Marion Brunet nous offre des personnages loufoques à souhait, des scènes pleines de rebondissements comiques et une écriture totalement, parfaitement, intensément, drôle. Chapitres courts pour bien rythmer et relancer l’intérêt, jeu de police, illustrations à la Quentin Blake : on a tout ici pour générer l’adhésion du jeune lecteur et provoquer son rire. Du coup, logiquement, on dévore avidement. Comme notre personnage.
Allez, vous en prendrez bien une part ?