Dans un silence

Dans un silence, Abbi Glines, Hugo Roman, New Way.

dans un silenceOk, il faut l’avouer, le roman a l’air totalement bidon. La couverture est cucul à souhait, le titre aussi, et l’on ne peut que douter en voyant la collection. Pourtant, le résumé a de quoi intriguer : une ado qui refuse de parler car elle a vu son père tuer sa mère, un ado perturbé par son père atteint du cancer. Bref, on est loin de la couverture. Et… eh bien j’avais tort. Il fallait croire la couverture évidemment. On a ici un roman d’une grande platitude, dont le seul but est la relation entre les deux personnages. Tout se floute dès le début quand les personnages se trouvent irrésistiblement beaux, les muscles étant saillants blablabla… ça y est, on est dans la spirale de l’ennui du roman à l’eau de rose de base. On a ensuite des pages et des pages de… rien. Car l’auteur n’a rien à raconter. Du coup, on ferme le roman évidemment, et on le repose là où il était pour l’y laisser pour, environ, l’éternité.

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Miss Dumplin

Miss Dumplin, Julie Murphy, Isabelle Troin, Michel Lafon Poche.

Miss DumplinWill a des formes. Mais alors vraiment beaucoup. Pas juste le petit emballage. Bon, pour résumer, Will est grosse. Voilà, c’est dit. Et alors ? Est-ce vraiment un mal ? Doit-elle vraiment perdre du poids, comme le voudrait sa mère ? N’a-t-elle vraiment pas le droit à l’amour ? Et, surtout, d’être heureuse ?
Dans ce roman, on découvre les pensées de toute jeune fille enrobée : il me dit que je suis belle mais j’entends grosse, la vie est plus facile pour les minces, je n’ai pourtant aucune envie de changer quoi que ce soit, car je suis ainsi. Cette ambivalence de sentiments est très bien retranscrite. Mais on a aussi les pensées habituelles de toute ado : des difficultés à s’entendre avec sa mère, à trouver sa place, à tenir une longue relation en amitié et en amour. Et le roman se dévore, ô oui !, vraiment rapidement. Les pages se tournent, on brûle d’envie de savoir ce qui va advenir, on devient complètement accro aux confidences de l’héroïne. Bref, voici un roman young adult vraiment bien écrit et bien pensé : à glisser sous le sapin ou à s’offrir avant pour les impatients.

Aurélie et son secret

Aurélie et son secret, Sabine du Fay, Oskar Jeunesse,

Aurelie-et-son-secretAurélie a un secret, quelque chose qu’elle veut vraiment garder caché. Mais ce n’est pas tout : c’est aussi une ado qui tente de s’accepter et de trouver sa place dans le monde.
L’auteur utilise une langue fort travaillée. Pourquoi pas. Mais encore faut-il conserver l’intérêt du lecteur. Car ici, les phrases tarabiscotées signent une langue dépassée et on a l’impression d’entendre grand-mamy raconter une histoire sans queue ni tête et, surtout, sans fin. En plus, l’auteur veut bien faire, elle use de clichés de bienséance et de bienveillance. Et voilà comment on retrouve un personnage en fauteuil roulant mais naturellement souriant afin de promouvoir la mixité, la tolérance, le handicap, blabla… pfiou, on s’ennuie déjà. Du coup, on n’adhère pas au fantastique car on voit trop le travail d’écriture et le livre tombe des mains. Tant pis.

Les aventures de Charlotte Holmes

Les aventures de Charlotte Holmes, Brittany Cavallaro, Isabelle Chapman, Pocket Jeunesse.

Les aventures de Charlotte HolmesLes descendants de Holmes et Watson qui se rencontrent, il y a de quoi créer un événement explosif. Mais, pas le temps pour la fête ou la romance (ce qui aurait été du goût de Jamie Watson), car voilà que les deux ados sont la cible privilégiée afin de désigner le coupable d’un assassinat. Un coup monté contre ces figures emblématiques a-t-il ses chances ?
Les personnages sont intensément riches. On a une Charlotte Holmes délicieusement énigmatique et un Jamie Watson un brin maladroit et terriblement attachant. Le style est original, le concept inédit : voilà de quoi former un premier tome réussi. Pour autant, on notera toutefois que l’on peut être toutefois rebuté par l’écriture toujours bien pensée. Aussi, le dynamisme manque parfois à l’appel. Pour moi, cela a suffi à générer une lassitude au fil de la lecture alors que pourtant les réussites littéraires étaient bien là.
A chacun de se faire son opinion donc. Pour cela, il faut tenter !

Kereban

Kereban, David Alcide, Edi8, 404 éditions.

KerebanLa ville de Kereban va connaître une soudaine évolution lorsqu’on découvre sur son territoire un gisement d’akos, si rare et précieux. Et même, la guerre approche à grands pas.
Dans cette œuvre, le lecteur a sous les yeux une succession de documents : extraits de journaux, articles, bribes de discussions, notes… C’est une compilation d’informations, une multitude de formats et de genres qui forment, ensemble, un récit. Au lecteur de trouver son chemin, de créer les liens, de déduire. Le processus a de quoi capter l’attention : on a sans cesse envie de connaître le contenu du document suivant.
Seul bémol dans ce système de lecture : l’attachement sentimental est nécessairement moindre. Il est difficile de composer des personnages, de créer l’identification. Quelques lecteurs peuvent alors décrocher par le manque de repères romancés. Aussi, la succession peut, paradoxalement, lasser. Car les péripéties sont parfois assez minces.
Mais gageons que le lecteur sera comme nous emporté par l’originalité du concept. Et pour plus d’émotions sur un processus similaire, on ne peut que conseiller le sublime Illuminae.

Phobos, Tome 4

Phobos, Tome 4, Victor Dixen, Robert Laffont, R.

phobos,-tome-4---horizons-988223-264-432C’est promis, il n’y aura ici aucun spoiler au cas où certains lecteurs n’auraient pas encore achevé la lecture des tomes précédents. Parlons simplement des impressions de lecture. Ici, on a un tome, encore une fois, extraordinairement brillant. Et que c’est rare de tenir en longueur avec le même talent tout au long de plusieurs volumes ! On pourrait penser qu’il s’agit du numéro de trop, de la prolongation forcée. Il n’en est rien. On a un suspense tout aussi intense, un jeu d’écriture très travaillé et une vraie place au sein de la saga. L’auteur nous épate encore avec un choix narratif inédit, des connaissances scientifiques semées au fil de la lecture et de vrais retournements inattendus. Bref, on dévore les 650 pages comme on a dévoré les 4 (oui car il y a trois tomes plus le volume numéro 0) précédents. Une seule interrogation au dénouement : euh… Victor, tu nous annonces que c’est la fin mais… non ! Tout ne fait en effet que commencer ! Et il reste surtout un personnage dont on aimerait bien ne plus entendre parler. Bref, je pense que tu peux bien nous faire un petit dernier, dac ?

La mécanique du diable

La mécanique du diable, Philip Pullman, Agnès Piganol, Peter Bailey, Flammarion, Castor Poche.

la mécanique du diableComment résumer ce conte fantastique digne des plus grands classiques ? On a ici un horloger qui doit construire un personnage, on a là des êtres sans cœur véritable, on a tout près un enfant mort, on a là-bas l’espoir de la folie.
Dans cette atmosphère sombre, typiquement digne de l’étrange et du fantastique, le lecteur reconnaît les marques du genre et entre avec facilité dans l’univers décrit. On accepte alors l’impossible et le cœur mécanique devient moteur de l’histoire. On savoure le jeu de mise en abyme, on devine le dénouement approchant et on se délecte jusqu’au bout de l’écriture bien menée de l’auteur. Les encarts apportent aussi un petit plus, un bonus lectoral bien sympathique et original.
Voilà une histoire bien agréable pour découvrir ou plonger dans un récit fantastique et en apprécier chaque page et rebondissement.

Les journées calamiteuses de Clémence

Les journées calamiteuses de Clémence, Sophie Henrionnet, PlayBac,

CVT_Les-calamiteuses-journees-de-Clemence-_7266Le journal intime d’une ado qui se plaît de la vie, qui a une belle-mère, un nouveau frère par alliance et des problèmes avec ses amis et profs…
Euh… comment dire… on nage dans le cliché. Mais ! Mais on ne peut que saluer le mérite de l’auteur car, dans ce bain de déjà-vus, elle parvient pourtant à : 1) faire rire ; 2) émouvoir et 3) capter l’attention du début à la fin. Et ce sont bien là trois réussites tout à fait honorables. On notera que, pour une fois, le deuil maternel n’est pas faussement mis à la trappe. Souvent en effet la mort du proche est laissée en trame de fond et rapidement oubliée ; ici au contraire, la narratrice en parle, en reparle, en rereparle, ce qui semble bien réaliste et donc bienvenu et pertinent. On apprécie aussi l’humour et quelques idées de péripéties originales. Alors bien sûr, on n’est pas en face de l’innovation du siècle mais ce roman remplit son contrat, c’est bien.

Izana, La voleuse de visage

Izana, La voleuse de visage, Daruma Matsuura, Hana Kanehisa, Diane Durocher, Lumen.

izanaÊtre née laide, voilà bien une malédiction dont se serait passée Izana. Surtout l’année de sa naissance, terrible date maudite. Dans ce monde de contes, de fables, de légendes, et s’il y avait un soupçon de vérité, une parcelle de possible ?
On sent dès les premières pages une atmosphère de conte au coin de feu. Les estampes ouvrent avec beauté les chapitres, les noms des personnages créent une musicalité chantante et les récits sont immédiatement envoûtants. On est alors grandement pris par l’action et on s’attache aux personnages. On apprécie même la lenteur de certains passages.
Mais pourquoi, vraiment pourquoi, la quatrième de couverture et même la couverture annoncent un revirement, supposé surprise, qui ne survient qu’à la toute fin du livre ? Je ne comprends pas ce gâchis éditorial. Indéniablement un raté car la lecture en est nécessairement faussée. Dommage.
Il faut donc fermer les yeux et ouvrir directement l’ouvrage à la première page pour le savourer comme il se devrait.

Outliers, Tome 1, Les Anomalies

Outliers, Tome 1, Les Anomalies, Kimberly McCreigth, Robert Laffont, R.

outliersOuhla… rarement un roman parvient ce tour de force : créer du suspense tout en ne racontant… rien. Voilà que le lecteur est maintenu en haleine par un minuscule brin d’intrigue. Et cela dure, cela dure ! Durant une grosse moitié du roman, il ne se passe presque rien. Et l’on en vient à se demander si la quatrième de couverture ne raconte pas un autre roman. Et puis, bonjour, les liens se tissent d’un coup. Ah oui, c’est vrai, semble d’être dit l’auteur, il faut que mon histoire… en raconte une. Nous voilà alors enfin confrontés à la quatrième et… non, toujours pas de réelle construction.
Comme j’avais lu qu’un retournement final créait un réel cliffhanger, j’ai tenu mais la fin du roman survient comme les bouteilles gazeuses que l’on n’a pas secouées : sans bruit, sans peps, avec un petit pshuit inutile. Conclusion : prenez plutôt un café.