A la place du cœur, saison 2

A la place du cœur, saison 2, Arnaud Cathrine, Robert Laffont, R.

à la place du coeur 2J’avais un avis très mitigé sur la saison 1. Une écriture soignée, des personnages attachants… Mais un trop plein en arrière-plan qui fait finalement perdre au réalisme. Pourtant, les personnages continuaient de me trotter dans la tête et j’avais bien envie de savoir ce que devenait Caumes. Le tome 2 commence et, au début, la réponse tarde. Mais l’écriture toujours très travaillée est bien présente et le charme fonctionne. Vite, on est de nouveau happés dans le récit de cette deuxième saison. Et puis, surprise, l’auteur change (soudainement ?) une info importante de la narration, crée un nouveau cadre. Cela peut déstabiliser le lecteur qui peut penser que l’auteur sort d’un coup cette idée de sous son chapeau, en cours de route, sur un coup de tête. Mais, admettons. Et si on admet, cela passe. Cette fois, le cadre n’est pas too much, et les qualités trouvées au premier tome sont encore réunies. Du coup, ce tome m’a même davantage séduite que le précédent. Une seule conclusion donc : à quand la saison 3 ?

Follow me back

Follow me back, A.V. Geiger, Frédérique Le Boucher, Robert Laffont, R.

Follow me backEn lisant le résumé, je pensais clairement décrocher au bout de quelques pages. Une ado qui ne veut plus sortir de chez elle à cause d’un mystérieux événement de l’été dernier, qui est fan d’une grande star et le crie sur twitter ; un ado star qui déteste l’image qui est renvoyée de lui à travers Twitter… Une rencontre virtuelle entre les deux protagonistes… bref le topo semble bien plié et l’on se dit qu’on a déjà tout compris. Et, surprise, pas du tout ! Et pourtant ils sont rares les romans où, lorsque Twitter entre en scène, on reste littéraire. Car souvent, on tombe sur un ramassis de clichés et d’évidences. Là, gros succès, l’auteur crée une vraie intrigue, réellement riche en suspense, pleine de rebondissements, avec des coups de théâtre réellement surprenants. En plus, les personnages sortent des sentiers battus : la mère en a ras les couettes de voir sa fille avec ses problèmes psychologiques, même si elle la soutient. De même pour le petit copain. Bref, le réalisme est bien là. Bilan : j’ai été totalement accro à l’histoire ! J’ai eu l’impression d’avoir 15 ans et j’ai dévoré le roman. Une vraie surprise pour un roman que les préjugés m’avaient vite fait ranger en chicklit clichée. Et jamais un roman n’a su procurer un tel suspense sur la dernière ligne ! Quelle dernière ligne ! (Pour les lecteurs bizarroïdes qui s’obstinent à la lire dès le début, là, vraiment, abstenez-vous.)
Je ne peux donc que vivement vous conseiller Follow me back, vous ne le regretterez pas.

Immaculée, Tome 1

Immaculée, Tome 1, Katelyn Detweiler, Madeleine Nasalik, Robert Laffont, R.

ImmaculéeTout est résumé sur la couverture : l’héroïne a 17 ans, elle est vierge… et enceinte. Le pourquoi du comment ? C’est justement ce qui donne envie de lire le roman. Sauf que le résumé est assez mensonger : il laisse entendre que le lecteur va hésiter sur la confiance à accorder à l’héroïne. Mais en focalisation interne, cela fonctionne moins. Il n’y a pas d’hésitation. Aussi, le suspense du pourquoi ne fait pas vraiment monter la mayonnaise. Tout le début du roman consiste en effet à décrire la grossesse, ses effets, etc. Et commence alors une grande réflexion mystique (des autres personnages) qui est assez pénible et inutile puisqu’on la sait hors sujet. Du coup, on se demande pourquoi on lit. On a strictement aucun indice sur le côté fantastique, on attend, et on s’ennuie. Le seul attrait est finalement de voir quel bordel cela engendre lorsqu’on est enceinte et que l’on est encore très jeune. Mais de là à avoir envie de connaître la suite… le suspense est trop léger. Dommage.

La faucheuse, Tome 1

La faucheuse, Tome 1, Neal Shusterman, Cécile Ardilly, Robert Laffont, R.

la faucheuseDans ce monde du futur, la solution a été trouvée pour guérir tous les maux, y compris la mort. Mais il faut bien équilibrer le nombre d’individus sur cette Terre. La solution est alors incarnée par les faucheurs, ces êtres désignés pour « glaner » chaque année un quota fixe de personnes. Et forcément, il existe aussi des apprentis faucheurs.
Ce roman commence très fort. Les scènes de glanage attirent nécessairement l’attention et le lecteur a cette envie un peu déplacée de voir mourir des personnages. Du coup, les pages se tournent avec une grande rapidité. Puis le style change : on passe à l’apprentissage. Et, malheureusement, le roman traîne un peu en longueur. Certaines scènes s’étirent plus qu’il ne faudrait et l’intérêt de lecture décroît. Mais la suite vaut le détour : on a en effet de nouveaux rebondissements (presque) inattendus qui relancent bien l’intrigue. Le bilan est un peu mitigé mais je dois reconnaître que l’originalité du sujet mérite que l’on retienne ce titre.

À la place du cœur, Tome 1, Saison 1

À la place du cœur, Tome 1, Saison 1, Arnaud Cathrine, Robert Laffont, R.

À la place du cœurC’est l’histoire d’un ado qui va enfin coucher avec sa copine. C’est l’histoire d’un mec qui se fait racketter. C’est l’Histoire qui a eu lieu en janvier 2015 à Charlie Hebdo et puis partout en France. Arnaud Cathrine a décidé de parler de ces moments que personne n’oubliera. De toutes ces secondes que chacun a vécues. De la télévision. De la succession d’événements. Et puis du quotidien, qui, curieusement, parallèlement, continue. On suit alors un ado, dont la vie d’ado, forcément, ne s’arrête pas. Mais qui y pense, qui réfléchit, s’interroge. On voit les réactions variées des personnes qui l’entourent. Et on voit son amour pour Esther. C’est d’une grande justesse. Mais. Mais je soulève un mais. Pour moi, le puzzle n’a pas fonctionné. Et pourtant. Et pourtant les émotions, chacune, ont matché. Chaque passage est juste, bien écrit, réaliste. Mais la sensation de passer du coq à l’âne m’a gênée. Même si bien sûr c’est fait exprès, même si cela fait partie de l’effet de réalisme. Seulement voilà, le copain à l’hôpital, cela a sonné pour moi comme la goutte d’eau de trop qui génère du coup de l’artificialité. On dirait qu’il fallait à tout prix tout aborder. Et là, tout ce fut trop. C’est dommage car, je le répète, la justesse de chaque passage est bien là et les émotions se ressentent malgré tout. Je suis certaine que ce roman touchera d’ailleurs nombre d’autres lecteurs. Mais je ne suis pas certaine d’aller lire la saison deux.