Tant que nous sommes vivants

Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

Tant que nous sommes vivantsL’histoire de Bo et de Hama, elle ne se résume pas, elle ne se raconte pas, elle se déguste page après page.
On a la voix du conteur qui nous narre son récit. On ressent la chaleur du feu, on sent le souffle de sa voix. Bref, Anne-Laure Bondoux excelle dans l’art de nous bercer par ces mots pour créer un conte qui fait voyager. On suit les personnages, on frémit, on attend, et on savoure. Clairement, il faut aimer que l’on prenne son temps, que les actions se fassent attendre, que le récit nous emmène on ne sait où. On adhère ou on n’adhère pas. Mais ce livre touchera assurément le plus grand nombre des lecteurs.

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Après la vague

Après la vague, Orianne Charpentier, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

après la vagueDeux jumeaux sur une plage. Un tsunami, un seul survivant.
C’est un roman de deuil. Pendant les 150 pages, on suit la perte, la souffrance, la déconstruction, l’acceptation. Oui, l’émotion est saisissante. Oui, l’auteur trouve les bons mots. Mais ! Mais j’ai du mal avec les romans qui n’ont pas d’autres histoires à raconter qu’un concept unique à étirer. Pour moi, l’histoire commence au dénouement. Le deuil ne suffit pas à engendrer du roman. L’article est donc à peu près aussi court que le roman. Dommage, la base était là.

Le soleil est pour toi

Le soleil est pour toi, Jandy Neslon, Nathalie Peronny, Gallimard, Scripto, Pôle fiction.

Le soleil est pour toiLe soleil est pour toi fait partie de ces rares romans qui te font vivre une expérience inédite. Formidablement bien menée de la première à la dernière page, l’œuvre t’emmène, te subjugue, t’emporte et te bouleverse.
L’histoire ? Celle de deux jumeaux, une fille et un garçon. L’art les réunit, les désunit, les relie et les sépare. Chacun s’épanouit, et leur lien s’étiole ou s’intensifie.
Comment vous narrer l’inénarrable ? Ici, on est face à une œuvre d’art et l’émotion des mots fait des vagues à chaque page. On ne peut pas résumer, on ne peut pas condenser. Il faut tester l’expérience, se laisser surprendre par le style, où les mots déferlent de manière inattendue. La temporalité fait des vagues, les récits s’enchâssent, les personnages se construisent. Et le lecteur, à bout de souffle, savoure. Une pépite donc.

L’amour dure plus qu’une vie

L’amour dure plus qu’une vie, Ann Brashares, Anne Krief, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

l'amour dure plus qu'une vieLe principe : ils se sont aimés dans d’autres vies. Lui, il s’en souvient parfaitement. Elle, beaucoup moins.
L’idée n’est pas très originale mais pourquoi pas. Sauf que, dans ce roman, on avance à vitesse d’escargot. On suit les vies passées du garçon et le quotidien actuel de la fille. Mais peu de croisement. Et surtout, zéro suspense. Si bien que j’en suis arrivée à me demander : mais pourquoi je lis ce roman ? Car l’histoire ne semble aller nulle part, et l’ennui survient vite. Du coup, au bout d’un peu plus d’un tiers, l’ouvrage m’est tombé des mains.

Chante, Luna

Chante, Luna, Paule du Boucher, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

20170301_1658131939, c’est la guerre. Luna est juive et la jeune adolescente voit soudainement sa vie basculer. Au fil des mois, tout empire. L’après n’est jamais meilleur. La mort arrive et emporte, tour à tour, bon nombre de son entourage. Au sein de cette horreur, le souffle de Luna se fait musical : elle continue de chanter, toujours.
Le récit de Luna touche dès les premières pages. En effet, l’optimisme du personnage doit s’opposer à ce que connaît le lecteur de cette triste page d’Histoire : non, cela ne va pas s’arranger. Pourtant, c’est justement cet optimisme constant qui donne toute sa force au récit. L’histoire de Luna, pleine de rebondissements, devient de plus en plus sombre. Et, dans toute sa malchance, une brèche d’espoir la fait toujours sortir survivante des situations des plus inextricables.
Fort, marquant, ce roman se dévore d’une traite tant le lecteur a nécessairement envie de connaître le destin de Luna.

Le rêve de Sam

Le rêve de Sam, Florence Cadier, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

le-reve-de-samSam est noir et, manque de chance, on est dans le sud des États-Unis dans les années 50. À cette époque et à cet endroit, la peau noire fait différence, la peau noire signe l’injustice, la peau noire veut dire que la vie n’est pas facile. Sam, et tant d’autres, se battent alors pour leurs droits.
Dans cette œuvre mi-fictionnelle mi-récit historique, on croise Rosa Parks et Martin Luther King. Sur fond de fresque historique, on suit un des possibles d’un personnage ayant pu exister, ayant dû exister. Forcément, la narration bouleverse, interroge, fait crier au scandale. On peut toutefois regretter que le fond historique soit par moment un peu trop narré comme factuel. Non pas qu’il eût fallu ajouter un faux pathos larmoyant, mais la personnalité des personnages s’effiloche par moment. Ceci mis à part, la lecture de ce roman est nécessaire, pour mieux connaître cette époque, ou pour découvrir une page d’Histoire, à ne pas oublier.

Big Easy

Big Easy, Ruta Sepetys, Bee Formentelli, Out of the easy, Gallimard Jeunesse, Pôle fiction.

big-easyJo est fille de putain. Vivant dans une maison close, elle aspire pourtant à un monde meilleur. Même, elle voudrait entrer à l’université. Arrivera-t-elle à décloisonner les mondes des années 50 ?
Quand je découvre que l’auteur de Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre a écrit un autre roman, je l’achète les yeux fermés. Une plume aussi aboutie ne peut décevoir. Et pari gagné : Ruta Sepetys réussit encore une fois à captiver l’attention dès la première phrase choc du roman et ce jusqu’à la dernière page. La montée en suspense sur la fin ajoute même encore plus de dynamisme et il est alors impossible de ne pas dévorer le roman. Les personnages sont réalistes, les scènes intenses, les rebondissements surprenants et l’histoire totalement envoûtante.
Voilà une auteur que je ne cesserai de lire tant elle parvient à plonger son lecteur dans l’univers voulu tout en lui donnant un véritable intérêt pour l’histoire. Bref : bravo !