La Passe-Miroir, Tome 1, Les fiancés de l’hiver

passe-miroirQuand on lit de bons avis sur un livre, surtout quand ils sont vraiment élogieux, cela donne forcément envie. C’est donc avec une grande joie que je me suis plongée dans ce roman, pour lequel j’étais à peu près sûre d’avoir un déclic passionnel. Et… raté. Dure est la chute quand on est persuadé qu’on planerait durant toute la lecture. Mais dans cette histoire, je n’ai pas trouvé ma place.
Voici un univers très riche qui nous est proposé. On voit un monde merveilleux et fantastique très bien construit, bien décrit, très prometteur. Le style est sans reproche et l’héroïne a un caractère bien trempé. Alors pourquoi le couac ? Il arrive que, parfois, on reste sur le seuil d’un univers livresque. On a beau ouvrir la porte, voir tout ce qu’il y a derrière, on… ne peut pas dépasser le paillasson. Voilà ce qui s’est passé : je suis restée sur le paillasson de l’univers de la Passe-Miroir. Et je me suis ennuyée. Et le livre a fini par me tomber des mains. La lenteur des actions et le style un peu pompeux m’ont lassée. Mais lisez d’autres avis, beaucoup ont adoré ! Puis lisez le premier tome, et venez me dire si vous avez réussi à franchir le seuil sur lequel je suis restée.

Publicités

Culottées – Tome 1 – Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent

culotteesPénélope Bagieu nous offre ici un bijou. En quelques pages, Pénélope dresse les portraits de femmes qui se sont imposées et ont laissé leur trace dans l’Histoire. Plus ou moins connues, les femmes choisies ont toutes des vies palpitantes et fascinantes. Pénélope nous invite ainsi à un voyage à travers les époques et les pays et nous fait découvrir des vies singulières.
Fortes, déterminées, courageuses, toutes ces femmes le sont et je fus ravie de découvrir ou de mieux connaître leur parcours, de leur naissance à leur mort. L’auteur ajoute aussi toujours un peu d’humour, ce qui rend encore plus appréciable la lecture. Et chaque biographie se termine par une magnifique double page, très bellement illustrée, qui résume et accompagne parfaitement le récit précédent.
Merci à Pénélope Bagieu de nous offrir une si belle œuvre à lire. Décidément, l’auteur ne cesse de surprendre et de se surpasser à chaque parution. Bravo.

Le président du monde

img_20161208_182828Génialissime. Cet album est juste gé-ni-a-lis-sime. Un président, submergé d’appels et de problèmes à résoudre doit en affronter un nouveau, et de taille : un monstre est sorti d’un lac (où l’on enfouit d’ailleurs tous les dossiers trop compliqués) et vient détruire le monde. Problème encore plus grand : le président n’est qu’un incompétent et ses sbires n’aspirent qu’à la promotion. La fin est inévitable : le monstre croque le président sous les yeux des caméras.
Cet album est parfaitement adapté à tous les âges : les plus jeunes trouveront hilarant la relation entre le président et sa mère, ainsi que le dénouement ; quant aux plus vieux, ils jubileront des gags scéniques très bien pensés et parfaitement bien mis en scène. Un seul petit couac : les plus jeunes ne reconnaissent pas forcément le visuel choisi pour les téléphones (modèles à fil et à gros écouteur) – mais ceci est un bien maigre détail. Proposant une critique du système politique tout en offrant une histoire pleine d’humour, cet album est un véritable coup de cœur.

L’élite

leliteLa société divisée en colonies. Une sélection pour les ados. Un Test pour accéder à des privilèges. Des morts durant le Test. Franchement, le début ressemble à un ramassis de clichés de romans dystopiques. On prend ce qui fonctionne, on touille, et on ressort le tout à peine réchauffé. Cela donne en général un résultat tiède mais mangeable. Évidemment, le tout est saupoudré d’une petite historiette d’amour. Et, re-évidemment, le destin de l’héroïne ne fait aucun doute. Toutefois, dans ce roman, le suspense est bien mené et permet de tenir le lecteur en haleine. Et même si on est en plein cliché, on a envie de savoir la suite.
En gros, on est à fond dans le cliché mais l’auteur maîtrise son genre. Sans originalité mais qui respecte les lois du genre donc.

Gloups ! J’ai avalé Cornebidouille !

gloupsCe que j’aime bien avec la série des Cornebidouilles, c’est que l’histoire reprend toujours exactement là où l’on s’est arrêté. Ici, pas d’exception, on règle rapidement le problème des deux Cornebidouilles qui n’en font plus qu’une et on passe à une nouvelle aventure : la sorcière dans le bidon de Pierre. Pour les amateurs de la série, on retrouve tout ce qui fait qu’on adore cette histoire : les exclamations successives de Cornebidouille, les grossièretés du protagoniste et la ruse finale. Bref, une recette qui fonctionne et qui ne fait pas réchauffée. Clairement, Cornebidouille, on ne s’en lasse pas. Le rire est toujours bien présent à la lecture et la chute est toujours très savoureuse. Encore un très bon Cornebidouille !

Nil

nilD’un coup d’un seul, dans une sensation de brûlure insoutenable, Charley se retrouve projetée, nue, sur une île. Seule. Enfin, pas si seule. En réalité, plein d’ados ont été, comme elle, soudainement envoyés ici, dans cet ailleurs de nulle part. Comment en repartir ? Comment survivre en terre si hostile ? Quelles sont les règles de cette île nommée Nil ?
Ce n’est pas de la faute de l’auteur, mais il est quand même grandement dommage que la quatrième de couverture française raconte à ce point l’histoire. On reçoit en quelques lignes des spoilers qui nous amènent au milieu du roman et qui gâchent une grande partie du mystère que l’auteur a laborieusement mis en place. Bref, un impair éditorial fait pour attirer le lectorat mais qui dessert à la lecture car qui dit moins de mystère dit moins de suspense. Et l’on sent même quelques longueurs. Mais passé la moitié, le lecteur est enfin en pleine découverte et le suspense fonctionne. On a alors grandement envie de connaître le dénouement. Mais, justement, seule la toute toute fin intrigue et l’entre-deux montre tout de même des grandes platitudes. Globalement, le roman se lit aisément car le style est assez pauvre mais le suspense bien présent ; et l’intrigue manque tout de même de profondeur.
Aussi, l’auteur fait usage de facilités au dénouement en laissant des mystères irrésolus. Ce ne sera pas un roman qui restera gravé dans les mémoires mais sa lecture peut divertir ceux qui découvrent le genre. Les adeptes préféreront rester sur des romans plus aboutis comme Gone.

Les trois étoiles – J’aime lire

couverture-j-aime-lire-n-479-decembre-2016_articleimageQuand j’ai vu que J’aime Lire publiait une histoire qui racontait l’histoire d’une famille syrienne qui fuit la guerre, je savais que j’allais fondre. Bingo, j’ai pleuré. L’auteur a su trouver les mots justes du début à la fin pour parler d’un sujet si délicat. Quel talent de réussir à trouver des phrases là où on ne peut trouver les mots… Et quelles illustrations ! Tout en douceur, tout en délicatesse, elles procurent chaleur et amour et participent à faire naître l’émotion. Dans cette histoire, pas de point de vue politique, juste celui d’un petit garçon inquiet. Une pure beauté.
Et le reste ? La bande dessinée Ariol est hilarante et le Mini J’aime Lire bien amusant. Je suis un peu moins séduite par Anatole Latuile même si cet épisode reste divertissant.
Voici un exemplaire de J’aime lire bien précieux, qui fera certainement partie des meilleurs.

Phobos, tomes 1, 2, 0, et 3

phobos
Des ados envoyés sur Mars devant trouvés l’amour par speed dating ; le tout diffusé en direct en téléréalité continue dans le monde entier : voilà le topo du premier tome. Dit comme cela, l’histoire peut sembler un brin tirée par les cheveux et ressembler à de la mauvaise SF mélangée à de la mauvaise chick-lit. Que ce soit dit une bonne fois pour toute : pas-du-tout ! Phobos est une génialissime quadrilogie qui se dévore avec un intérêt croissant à chaque tome.
D’abord, le premier tome des speed dating centre l’intérêt sur les rencontres amoureuses et crée un jeu de suspense qui tient remarquablement bien en haleine.
Ensuite, sans dire de spoiler pour ne rien gâcher, le tome 2 (qui est d’ordinaire le tome bancal dans les séries) est truffé de rebondissements et de surprises saisissantes.
On arrive au tome 0, tome ovni, qui nous narre le passé des personnages masculins. Cela pourrait sembler artificiel, il n’en est rien. Passionnant, ce tome se révèle même très précieux pour la compréhension générale de l’histoire.
On termine par le tome 3, et quel tome ! En général, la construction classique des dystopies, on la connaît par cœur. On a le premier tome qui pose les règles et finit par une compréhension d’un problème contre lequel les héros vont lutter, un tome 2 plat, et un dernier tome en forme de grande rébellion, comme une révolution interplanétaire. Eh bien là, on casse les règles, on est en plein suspense du début à la fin, avec de nombreuses surprises. Et même si certains traits classiques restent un peu clichés, ce tome clôt en beauté la série.
Surtout, ce qui impressionne et crée tout le suspense dans les trois tomes principaux, c’est ce jeu de va-et-vient entre les focalisations. Créant des cliffhangers infiniment bien faits à chaque chapitre ou presque, le lecteur ne peut qu’avoir envie de continuer sa lecture pour d’une part comprendre tout le puzzle de l’énigme et d’autre part connaître le destin des protagonistes. L’auteur a dû grandement réfléchir à la construction générale de son œuvre pour créer un tel puzzle parfaitement abouti.
Voici là une très bonne série à dévorer d’urgence. Bonnes nuits blanches !

L’affreux moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims

laffreux-moche-saletouflaire-et-les-ouloums-pimsVoilà un album tout en hauteur que nous propose Claude Ponti. C’est normal, nous allons être conviés à partir voyager sous et sur la terre, bien loin en haut et bien loin en bas. Car voilà que le grand méchant Salétouflaire a enterré des maisons sous sa poussière. Du coup, ceux qui sont en-dessous vont creuser des galeries et tout un système de survie en profondeur. Et puis au hasard d’une sortie vers l’extérieur, deux Ouloums-Pims vont se rendre compte qu’ils ont construit la même chose. S’en suit toute une aventure pour rendre ses rayons au Soleil et rétablir l’ordre des choses (et tomber amoureux).
Dans cet album, on retrouve tout ce que l’on aime chez Claude Ponti : des mots zinventés, des tordureries bizzares et surtout une aventure pleine de rebondissements et d’expériences successives. Dans les illustrations se cachent toujours mille détails à explorer des yeux. Bref, du Claude Ponti bien réussi. Mais le plus, c’est cette sympathique histoire en miroir construite autour des deux personnages pendant la première partie de l’histoire. Aussi, la petite histoire d’amour est toujours le petit plus fort appréciable. Voici donc un Claude Ponti bien abouti qui m’a bien séduite.

La Lionne – Un portrait de Karen Blixen

couv-la-lionne-620x838
La vie de Karen Blixen, il faut bien l’avouer, je ne la connaissais pas. Et les biographies, même en bande dessinée, j’en suis toujours un peu méfiante car les auteurs ont bien souvent du mal à faire le tri et à sélectionner uniquement les faits importants. Bref, souvent, la passion de l’auteur cause bien de l’ennui car une multitude de détails vient polluer l’essentiel. Eh bien ici point du tout !
Nous voilà plongés dans le passé où l’on se retrouve dans un monde bien difficile pour les femmes. Une double page résume bien le problème du personnage :

20161221_162934-1
Ponctué d’insertions fantastiques métaphoriques fort bienvenues, le récit passionne et se dévore. La vie de Karen Blixen, pleine de rebondissements, est ainsi bien mise à l’honneur dans cette bande dessinée. Et les illustrations, bien agencées et réalisées en créent toute la force.
Bilan : une biographie passionnante à découvrir au plus vite !