Les p’tits philosophes

Les p’tits philosophes, Pomme d’Api, Sophie Furlaud, Dorothée de Monfreid, Soledad Bravi, Bayard Jeunesse.

20170626_102837Les p’tits philosophes, c’est une bande de copains qui sévit chaque mois dans le magazine Pomme d’Api. Sur un thème ou une question, quatre amis s’interrogent, réfléchissent, tentent de trouver des réponses en observant le monde, le quotidien, la vie. Il y a Plume, qui pense beaucoup et est le plus philosophe, Raoul, le loup qui fait souvent des bêtises et agit à l’instinct, Chonchon, le bébé un peu naïf aux idées spontanées et Mina, la gentille chatte qui rassure et adoucit les humeurs des autres. Dans ce recueil, vingt-quatre thématiques sont réunies. Grâce à la bande dessinée, le jeune lecteur est invité tout en douceur à s’interroger, en partant d’une scène de son quotidien, sur une grande notion de la vie : qu’est-ce qu’un cadeau, qu’est-ce qu’un ami, qu’est-ce que grandir… C’est alors l’occasion de réfléchir sur la justice, l’ennui, la colère, la pensée… Ensuite, une double page permet de poursuivre la réflexion en discutant avec le jeune lecteur. Une seule conclusion après avoir lu tout l’ouvrage : vite aller acheter le tome suivant.
Voici par exemple, un extrait de conclusion sur « à ton avis, on est où avant de naître ? » :

Pou-poule !

Pou-poule !, Loufane, Lola, Kaléidoscope.

pou-pouleUne poule amoureuse d’un renard ! Quelle idée ? Va-t-il la croquer ? Ou la serrer dans ses bras ?
Quel suspense ! Et quelle histoire délicieusement savoureuse !
J’adore : les commères, le côté rébellion, le mystère, l’attente du dénouement… Voici un album qui procurera sans aucun doute un très grand plaisir de lecture à tous les lecteurs (petits et grands). Les exclamations des personnages sont jubilatoires, les illustrations mettent bien en scène l’expression et les sentiments des personnages et le choix des couleurs donnent une grande intensité à chaque double page. C’est donc un sans-faute pour cet album. Une seule conclusion : vive Lola !

La trousse

La trousse, Isabelle Chavigny, Lucile Limont, Hatier.

la trousse couvDans la trousse de Tika, il y a plein d’objets, plus attirants les uns que les autres, qui donnent envie de faire mille et une bêtises. Il est alors bien difficile d’y résister. Pourtant, Tika est sage, elle ne fait pas de bêtise… enfin presque pas.
Conseillé au sein d’un recueil de textes pour découvrir la lecture, cet album a l’avantage de proposer des phrases courtes, une redondance des termes, des mots courts… tout cela au sein d’une vraie histoire, sympathique et distrayante, qui donnera ainsi le goût de la lecture tout en amusant les lecteurs débutants. Quant aux illustrations, grandes et riches en couleurs, elles ajoutent du peps à la lecture et donnent envie de tourner les pages : une belle alliance pour une première lecture.

la tousse inter

Une faim de loup, un point, c’est tout.

Une faim de loup, un point, c’est tout., Solo un puntino, Elisabetta Pica, Chiara Vignocchi, Silvia Borando, Little Urban.

unefaimdeloupVoici un grand méchant loup, toujours positionné face à un point rouge. À chaque fois, le point rouge grossit, grossit, devient cerise, coccinelle, ou même petite fille, et à chaque fois, bien sûr, crac miam, le grand méchant loup mange ce petit point rouge.
Dans cet album, le jeu graphique est important : l’enfant voit que le point grossit de plus en plus, qu’un dessin est ajouté pour transformer le point en une nouvelle création, et le suspense s’intensifie de plus en plus au fil des pages pour savoir comment va se terminer cette histoire. Le jeu graphique repose aussi sur l’alternance des pages blanches et noires et la redondance des images du loup. Aussi, le jeu littéraire est sonore : les exclamations de dévoration sont de plus en plus nombreuses, grandissant crescendo comme la taille du point.
Quelle création artistique ! On ne peut être que bluffé par le talent des créatrices qui ont habilement mêlé texte et image pour engendrer une œuvre hautement littéraire, tout en faisant preuve d’une grande simplicité. Une seule question alors : pourquoi Little Urban ne met pas davantage en valeur le talent des créatrices en écrivant leurs noms sur la couverture ? Il m’a fallu chercher dans les petites lignes, c’est dommage.
Voici un excellent album, original, bien pensé, magnifiquement bien réalisé, qu’il vous faut obtenir et garder précieusement.

Une faim de loup, un point, c_est tout

Il y a un monstre !

Il y a un monstre !, Marcus Pfister, Éditions NordSud.

il y a un monstrePas de doute, c’est bien un monstre qui est là-bas, avec ses quatre doigts velus et ses griffes. Tiens, d’ailleurs, il nous salue ! Et c’est ainsi l’occasion de nous présenter tous ses amis monstres : le monstre-du-placard, celui qui se cache sous le lit, celui qui est dans la cave… Une ribambelle de connaissances !
Ce livre permet bien sûr de dédramatiser la peur du monstre en le faisant apparaître de manière amicale. Le jeu le plus ludique est bien celui du pop-up : derrière une apparence qui semble normale, on soulève un rabat, et hop !, le monstre apparaît ! Puis, le volume lui donne vie. Les couleurs sont fraiches, le récit un peu longuet mais le dynamisme reste présent et le grand format ajoute un vrai plus au jeu en volume. Un album qui devrait ainsi beaucoup amuser les plus jeunes lecteurs.

On dirait nous

On dirait nous, Didier Van Cauwelaert, Albin Michel.

On dirait nousUn couple, qui s’aime. Tout semble facile, évident. Et l’envie de faire un enfant pointe le bout de son nez. Sauf que ce ne sera pas n’importe quel bébé, mais peut-être une réincarnation. Enfin… si l’on y croit ? Car, c’est impossible, n’est-ce pas ?
Dans ce roman, tout commence comme une jolie histoire d’amour, dont on savoure chaque instant de la passion amoureuse des tout petits moments, des frémissements des débuts. Et puis, l’étrange arrive, à pas de loup. Les personnages doutent, et nous aussi. Alors, on est pris dans l’histoire, on s’interroge, on commence à être pleinement au sein de la « fiction ». Et l’envie de connaître le dénouement, le fin mot de l’histoire, se fait de plus en plus pressante. Voici une histoire qui fonctionne, et qui se lit avec plaisir.

A la place du cœur, saison 2

A la place du cœur, saison 2, Arnaud Cathrine, Robert Laffont, R.

à la place du coeur 2J’avais un avis très mitigé sur la saison 1. Une écriture soignée, des personnages attachants… Mais un trop plein en arrière-plan qui fait finalement perdre au réalisme. Pourtant, les personnages continuaient de me trotter dans la tête et j’avais bien envie de savoir ce que devenait Caumes. Le tome 2 commence et, au début, la réponse tarde. Mais l’écriture toujours très travaillée est bien présente et le charme fonctionne. Vite, on est de nouveau happés dans le récit de cette deuxième saison. Et puis, surprise, l’auteur change (soudainement ?) une info importante de la narration, crée un nouveau cadre. Cela peut déstabiliser le lecteur qui peut penser que l’auteur sort d’un coup cette idée de sous son chapeau, en cours de route, sur un coup de tête. Mais, admettons. Et si on admet, cela passe. Cette fois, le cadre n’est pas too much, et les qualités trouvées au premier tome sont encore réunies. Du coup, ce tome m’a même davantage séduite que le précédent. Une seule conclusion donc : à quand la saison 3 ?

Agnès, Tome 1, Les mystères de Planctonville

Agnès, Tome 1, Les mystères de Planctonville, Kati Närhi, Kirsi Kinnunen, Jungle.

agnès tome 1Agnès est orpheline (ses parents sont morts dans un curieux accident). Alors, forcément, lorsqu’on lui demande de rédiger un devoir sur sa famille, Agnès est bien embêtée. Par contre, il y a une chose qu’Agnès sait faire mieux que tout : écouter les autres, les espionner, se mêler des choses qui ne la regarde pas.
Dans de courts récits, on suit ainsi la vie d’Agnès, on croise son chemin, on découvre des anecdotes… et, en même temps, on récolte les indices qui sont semés au fil des pages sur la mystérieuse disparition de ses parents.
Dans cette bande dessinée, on ne peut que s’attacher à cette héroïne si atypique, au physique un brin ingrat, aux attitudes déplacées, à la vie si mouvementée. Très vite, les histoires d’Agnès se dévorent et on se délecte à chaque fois du dénouement des histoires enchâssées. Les dessins, tout en noir et bleu, créent une atmosphère dans laquelle on se sent curieusement bien et où, pourtant, l’étrange rode auprès du mystérieux. Voici un tome 1 bien satisfaisant, qui donne envie de suivre les autres parutions de la série.
agnès intérieur

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle

Bizarre… Bizarre, Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle, Claude Ponti, L’école des loisirs.

bizarre bizarreAh les petits formats de Claude Ponti ! Qu’ils sont attendrissants ! On a envie de tous les avoir dans notre bibliothèque et de savourer à chaque instant les courtes histoires qui y sont narrées. Dans celle-ci, il arrive quelque chose de bien étrange à Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle : à chaque fois qu’ils se rencontrent, ils perdent des petits bouts, des petits morceaux, d’eux-mêmes. Pas de doute, voilà bien ce qu’il survient, lorsque l’amour entre dans la danse.
Quelle est pleine de poésie cette courte histoire ! Quelles sont mignonnes ces petites souris amputées, vouées à se retrouver pour se combler ! Bref, vous l’avez compris, j’adore Monsieur Monsieur et Mademoiselle Moiselle et, comme eux, j’ai laissé un bout de moi-même entre les pages dès la première lecture ; je suis désormais vouée à ne plus jamais les quitter.

Follow me back

Follow me back, A.V. Geiger, Frédérique Le Boucher, Robert Laffont, R.

Follow me backEn lisant le résumé, je pensais clairement décrocher au bout de quelques pages. Une ado qui ne veut plus sortir de chez elle à cause d’un mystérieux événement de l’été dernier, qui est fan d’une grande star et le crie sur twitter ; un ado star qui déteste l’image qui est renvoyée de lui à travers Twitter… Une rencontre virtuelle entre les deux protagonistes… bref le topo semble bien plié et l’on se dit qu’on a déjà tout compris. Et, surprise, pas du tout ! Et pourtant ils sont rares les romans où, lorsque Twitter entre en scène, on reste littéraire. Car souvent, on tombe sur un ramassis de clichés et d’évidences. Là, gros succès, l’auteur crée une vraie intrigue, réellement riche en suspense, pleine de rebondissements, avec des coups de théâtre réellement surprenants. En plus, les personnages sortent des sentiers battus : la mère en a ras les couettes de voir sa fille avec ses problèmes psychologiques, même si elle la soutient. De même pour le petit copain. Bref, le réalisme est bien là. Bilan : j’ai été totalement accro à l’histoire ! J’ai eu l’impression d’avoir 15 ans et j’ai dévoré le roman. Une vraie surprise pour un roman que les préjugés m’avaient vite fait ranger en chicklit clichée. Et jamais un roman n’a su procurer un tel suspense sur la dernière ligne ! Quelle dernière ligne ! (Pour les lecteurs bizarroïdes qui s’obstinent à la lire dès le début, là, vraiment, abstenez-vous.)
Je ne peux donc que vivement vous conseiller Follow me back, vous ne le regretterez pas.