Dans la combi de Thomas Pesquet

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne, Dargaud.

dans la combiDes premiers tests jusqu’au retour sur la terre ferme, Marion Montaigne nous raconte tout, absolument tout, sur l’histoire fabuleuse de Thomas Pesquet.
Pour ceux qui vivraient sur la lune, justement, Thomas est un astronaute qui est parti là-haut, tout là-bas, au beau milieu des étoiles. Et le quotidien n’y est pas tout rose. On ne s’amuse pas à faire des bonds sur les parois, on ne mange pas normalement, on morfle bien comme il faut physiquement etc. Et, oui, promis, la bd explique tout ce que vous voulez tant savoir sur le caca. Bref, on a toutes les réponses aux questions que l’on ne soupçonnait même pas, on savoure chaque page, et on apprend beaucoup. Le dessin, déjà brillant dans Tu mourras moins bête mais tu mourras quand même est toujours jubilatoire et pertinent et il faut saluer le travail de l’auteur qui a dû énormément travailler pour nous offrir cette lecture de qualité.
Une seule conclusion : foncez chez votre libraire et partagez, le temps d’une lecture, un voyage extraordinaire en plein ciel.

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Phobos, Tome 4

Phobos, Tome 4, Victor Dixen, Robert Laffont, R.

phobos,-tome-4---horizons-988223-264-432C’est promis, il n’y aura ici aucun spoiler au cas où certains lecteurs n’auraient pas encore achevé la lecture des tomes précédents. Parlons simplement des impressions de lecture. Ici, on a un tome, encore une fois, extraordinairement brillant. Et que c’est rare de tenir en longueur avec le même talent tout au long de plusieurs volumes ! On pourrait penser qu’il s’agit du numéro de trop, de la prolongation forcée. Il n’en est rien. On a un suspense tout aussi intense, un jeu d’écriture très travaillé et une vraie place au sein de la saga. L’auteur nous épate encore avec un choix narratif inédit, des connaissances scientifiques semées au fil de la lecture et de vrais retournements inattendus. Bref, on dévore les 650 pages comme on a dévoré les 4 (oui car il y a trois tomes plus le volume numéro 0) précédents. Une seule interrogation au dénouement : euh… Victor, tu nous annonces que c’est la fin mais… non ! Tout ne fait en effet que commencer ! Et il reste surtout un personnage dont on aimerait bien ne plus entendre parler. Bref, je pense que tu peux bien nous faire un petit dernier, dac ?

La mécanique du diable

La mécanique du diable, Philip Pullman, Agnès Piganol, Peter Bailey, Flammarion, Castor Poche.

la mécanique du diableComment résumer ce conte fantastique digne des plus grands classiques ? On a ici un horloger qui doit construire un personnage, on a là des êtres sans cœur véritable, on a tout près un enfant mort, on a là-bas l’espoir de la folie.
Dans cette atmosphère sombre, typiquement digne de l’étrange et du fantastique, le lecteur reconnaît les marques du genre et entre avec facilité dans l’univers décrit. On accepte alors l’impossible et le cœur mécanique devient moteur de l’histoire. On savoure le jeu de mise en abyme, on devine le dénouement approchant et on se délecte jusqu’au bout de l’écriture bien menée de l’auteur. Les encarts apportent aussi un petit plus, un bonus lectoral bien sympathique et original.
Voilà une histoire bien agréable pour découvrir ou plonger dans un récit fantastique et en apprécier chaque page et rebondissement.

Pepper et Carrot, Tome 2, Les sorcières de Chaosah

Pepper et Carrot, Tome 2, Les sorcières de Chaosah, David Revoy, Glénat.

Pepper et Carrot, Tome 2Voici une jeune sorcière, accompagnée de son tout petit mignon chat, qui… rate tout ce qu’elle entreprend.
Le dessin est indéniablement très travaillé. On a à chaque page une explosion de couleurs qui réveille l’œil et charme grandement. Le talent pour la colorisation est incroyable. Quant aux scénarii, ils sont très inégaux. Si l’humour est souvent au rendez-vous, on a à contrario certains récits assez plats et sans saveur. C’est dommage car les jolis dessins persistent même quand la narration n’est pas à la hauteur. Gageons que les jeunes lecteurs seront surtout séduits par l’ensemble et seront suffisamment conquis pour avoir envie de lire le tome suivant.

Chasseur de cyclones

Chasseur de cyclones, Christine Avel, L’école des loisirs.

chasseur de cyclonesComme dans de nombreux livres de la maison, on a une ado avec un quotidien lambda mais une écriture un tant soit peu adulte qui crée l’intérêt. Bon. Ici, le point d’accroche est la photo. Il aurait été intéressant d’en inclure d’ailleurs au fil de la lecture. Car il est vrai que l’auteur en parle, en parle bien, donne envie d’en voir et d’en faire. C’est un bon point. Mais… cela suffit-il à maintenir l’intérêt et à captiver un lecteur ado ? Le doute est plus que permis. Dommage car l’auteur a du style. Une prochaine fois, le mille sera peut-être atteint.

Frankenstein

Frankenstein, Junji Ito, éditions Tonkam.

FrankensteinL’histoire est connue. Alors quelle adaptation en faire lorsqu’on choisit de changer le support ?
Ici, l’auteur ne semble avoir fait que de bons choix. On retrouve l’atmosphère et l’univers du roman ainsi que les personnalités des personnages. Puis, au fil des pages, on oublie l’œuvre d’origine et on entre totalement dans la lecture du roman. Viennent alors un suspense grandissant et une envie saisissante de sans cesse tourner les pages. C’est donc une belle réussite, voici l’adaptation que je conseillerais. En plus, un petit supplément final ajoute un peu de légèreté et donne envie de découvrir les autres œuvres de l’auteur. Une belle édition donc.
Frankenstein interieur

Mes endroits à moi

Mes endroits à moi, Gaia Stella, Grasset Jeunesse.

mes endroits à moiApprochez, approchez, venez suivre Alice, elle vous emmène au cœur de ses endroits. Tous ces lieux, connus et secrets, qui font son quotidien, son monde, son univers. Là, où elle évolue, où elle grandit, où elle rencontre et où elle explore. On entre ainsi dans sa maison et on en découvre chaque recoin ; on poursuit dans la serre où le voyage devient féérique et merveilleux ; on enchaine au théâtre, lieu de toutes les possibles… Et à chaque page, une nouvelle surprise, une nouvelle découverte. A la fin de la lecture, une seule question se pose alors : et nous, quels sont ces lieux, ces endroits rien qu’à nous, que nous voyons chacun à notre manière, qui sont façonnés par notre regard, qui participent à construire ce qui fait que nous sommes nous. Voici un bel album, très graphique, où la construction géométrique des pages crée une parfaite alliance avec les couleurs dynamiques choisies par l’auteur. On a ainsi une œuvre véritablement originale et artistique, poétique et un peu philosophique. Une belle création pour les jeunes lecteurs.

Les journées calamiteuses de Clémence

Les journées calamiteuses de Clémence, Sophie Henrionnet, PlayBac,

CVT_Les-calamiteuses-journees-de-Clemence-_7266Le journal intime d’une ado qui se plaît de la vie, qui a une belle-mère, un nouveau frère par alliance et des problèmes avec ses amis et profs…
Euh… comment dire… on nage dans le cliché. Mais ! Mais on ne peut que saluer le mérite de l’auteur car, dans ce bain de déjà-vus, elle parvient pourtant à : 1) faire rire ; 2) émouvoir et 3) capter l’attention du début à la fin. Et ce sont bien là trois réussites tout à fait honorables. On notera que, pour une fois, le deuil maternel n’est pas faussement mis à la trappe. Souvent en effet la mort du proche est laissée en trame de fond et rapidement oubliée ; ici au contraire, la narratrice en parle, en reparle, en rereparle, ce qui semble bien réaliste et donc bienvenu et pertinent. On apprécie aussi l’humour et quelques idées de péripéties originales. Alors bien sûr, on n’est pas en face de l’innovation du siècle mais ce roman remplit son contrat, c’est bien.

Izana, La voleuse de visage

Izana, La voleuse de visage, Daruma Matsuura, Hana Kanehisa, Diane Durocher, Lumen.

izanaÊtre née laide, voilà bien une malédiction dont se serait passée Izana. Surtout l’année de sa naissance, terrible date maudite. Dans ce monde de contes, de fables, de légendes, et s’il y avait un soupçon de vérité, une parcelle de possible ?
On sent dès les premières pages une atmosphère de conte au coin de feu. Les estampes ouvrent avec beauté les chapitres, les noms des personnages créent une musicalité chantante et les récits sont immédiatement envoûtants. On est alors grandement pris par l’action et on s’attache aux personnages. On apprécie même la lenteur de certains passages.
Mais pourquoi, vraiment pourquoi, la quatrième de couverture et même la couverture annoncent un revirement, supposé surprise, qui ne survient qu’à la toute fin du livre ? Je ne comprends pas ce gâchis éditorial. Indéniablement un raté car la lecture en est nécessairement faussée. Dommage.
Il faut donc fermer les yeux et ouvrir directement l’ouvrage à la première page pour le savourer comme il se devrait.

Roji, Tome 9

Roji, Tome 9, Keisuke Kotobuki, Ki-oon.

RojiDu rose, clairement supposé séduire le lectorat féminin. Des chats qui parlent, sûrement pour le même objectif. Des déesses, pour le folklore.
Bon. On a clairement un manga qui reprend les ingrédients qui fonctionnent et qui touille pour en faire une nouvelle sauce. Le résultat a un goût acceptable. De là à citer Miyazaki et Alice au pays des merveilles sur la quatrième, il faut quand même ralentir l’élan de prétention. Mais il est vrai que la colorisation sur chacune des pages rend l’objet libre séduisant et attrayant et que le lectorat ciblé y sera sûrement sensible.