Boucle d’or & les trois ours

Boucle d’or & les trois ours, Rascal, Pastel.

boucle-d-or-et-les-trois-ours-rascalComme pour sa version du Petit chaperon rouge, Rascal narre ici son histoire sans parole : seul le jeu de la succession des images fait sens, raconte le fameux conte. Plus encore qu’avec son chaperon, Rascal accentue le jeu graphique grâce à un grand travail d’alternance : on trouve toujours les mêmes illustrations en recto et verso, mais le noir et blanc s’inverse, et cette redondance sert la narration. Quel talent ! Il vous faut absolument vivre cette expérience littéraire et graphique ! Une seule conclusion : procurez-vous vite ce magnifique album !

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Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge, Rascal, Pastel.

le petit chaperon rougeSans parole, Rascal nous charme avec son petit chaperon rouge. Quel talent d’illustrateur que de créer ainsi une histoire au fil des pages, sans un mot, avec un jeu très fort sur le graphisme et la mise en page. On découvre ainsi un petit chaperon, rouge bien sûr, et un loup, tous deux faussement pixelisés. Pour les plus jeunes, le jeu littéraire est intense : on repère la maison du chaperon grâce à la couleur, on peut s’amuser à suivre les différents chemins parcourus par les personnages, on trépigne, on attend. Et l’histoire connue apparaît mais… quel suspense insoutenable !, le livre ose s’arrêter en pleine tension, avant le fameux dénouement final, celui qui change tellement selon les versions. Du coup, au lecteur de choisir sa version préférée. Voici une version originale du conte, que je vous conseille vivement.

Ogre noir

Ogre noir, Rascal, Pascal Lemaitre, Pastel.

ogre noir« La nuit était tombée et l’ogre dormait encore. C’était un ogre sans nom. Un ogre terrible. Sa barbe était terriblement longue. Ses mains terriblement larges. Son ventre terriblement gros. Et ses dents terriblement pointues. »
Vous l’avez compris, cette histoire, terriblement effrayante, il vous faut la lire à haute voix pour en savourer toutes les sonorités, pour frémir à foison, pour en profiter à chaque ligne. Car bien sûr, l’ogre a tout du stéréotype que l’on chérit tant et l’on adore le voir en action, on aime le rusé pris à son propre jeu, on jubile du dénouement. Et les mots, telle une valse, nous font voyager à chaque page, loin, très loin, au pays des contes.
Un album incontournable qui met bien l’ogre à l’honneur.

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Qui dort ici ?

Qui dort ici ?, Sabine De Greef, Pastel, L’école des loisirs, Bébémax.

qui dort iciAttention, attention, tu es pourtant mis en garde, il serait préférable de refermer le livre ! Mais si tu oses continuer à tourner les pages, mieux vaut ne pas faire de bruit. Il ne faut pas non plus trop s’approcher pour ne pas qu’il nous entende. Qui ? Celui dont le museau dépasse bien entendu ! Des oreilles bien noires, une fine moustache, des petites pattes griffues… mais qui est donc sous les couvertures ?
Ce petit livre engendre dès le début de sa lecture une grande part d’interactivité avec le jeune lecteur. Amusé, un peu apeuré, l’enfant frémit alors de plaisir à chaque tourne de page et se demande ce que lui réserve le dénouement. Réalisé avec de belles photographies, l’album gagne en originalité tant par ce choix d’illustration que par le dialogue engagé avec le lecteur. Voici un album fort sympathique, qui devrait certainement ravir les plus jeunes lecteurs.

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Beaucoup de beaux bébés

Beaucoup de beaux bébés, David Ellwand, Pastel.

17792987_10154278294936423_2081455495_nQu’ils sont beaux ces portraits de bébés ! Ces grandes photos en noir et blanc sont juste sublimes ! On passe d’une page à l’autre en changeant d’émotion, on voit toute la beauté de chaque enfant, on s’amuse des situations représentées, on s’émeut de la tendresse des positions, on s’émerveille, on sourit. Bref, on vibre à chaque lecture !
Que l’on soit petit ou grand, on ne peut en effet qu’être touché par les portraits de ces bébés et s’amuser des face-à-face qui les opposent sur la double page. Et au dénouement, le miroir intègre le jeune lecteur : de quoi faire interagir davantage encore l’enfant tout en lui donnant la possibilité de comprendre son statut de bébé.
Beaucoup de beaux bébés, on en redemande !

Des livres plein la maison

Des livres plein la maison, Ludovic Flamant, Emile Jadoul, Pastel.

17806935_10154275370651423_1463981127_nTout en rimes, tout en rondeur, tout en délicatesse, cet album s’adresse aux plus petites mains pour mettre à l’honneur le livre, dans toutes ces formes, toutes ces couleurs…
En carton, pour résister aux petites dents, tout petit, pour être tenu aisément par les plus jeunes, en rimes, pour éveiller l’oreille et donner de la musicalité, cette histoire charme, amuse, donne envie de lire.
Les livres, on peut les mordre, baver dessus, se cacher dedans… et les lire bien sûr !
Un joli album pour les bébés !

Le dîner

Le dîner, Michel Van Zeveren, L’école des loisirs, Pastel, Lutin Poche.

20170309_105542C’est bientôt l’heure de manger. Grand Lapin a beau avoir dit à Petit Lapin de ne pas sortir… Petit Lapin désobéit et se fait attraper par le loup. Ce qui arrange bien le loup, qui peut enfin rapporter le repas pour son petit louveteau qui a faim. Heureusement pour Petit Lapin, une petite grenouille, elle aussi capturée, a une idée pour s’échapper !
Rocambolesque, cette histoire ne cesse de connaitre des rebondissements. En effet, le lecteur ne sait jamais à quoi s’attendre : on suit à la fois l’histoire de la famille lapin et de la famille loup, on s’intéresse au sort de chacun des estomacs, on s’amuse de chaque gag scénique et des parallèles entre les familles, on rit, on est surpris. Bref, le lecteur prend du plaisir à chaque page et l’histoire se lit et se relit avec toujours un très grand plaisir. L’auteur est connu pour réussir ses albums et celui-ci ne déroge pas à la règle : le lecteur se régale du début à la fin !

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Le lapin d’Arnaud

Le lapin d’Arnaud, Yvonne Jagtenberg, Pastel, L’école des loisirs, Mijn konijn.

20170227_122821Le lapin d’Arnaud n’a aucune envie de rester planté là à attendre qu’Arnaud le dessine. Hop, d’un bond, il s’en va. Et Arnaud a beau lui courir après, il ne parvient pas à mettre une patte sur le fameux lapin.
Dans cet album, on sent bien tout l’amour qui peut être ressenti par un enfant pour son animal domestique. De l’affection, Arnaud en a à revendre et c’est d’ailleurs pour cela qu’il voulait immortaliser le portrait de son cher lapin. Sur ce fond d’histoire un brin triste, l’humour parvient toutefois à percer et donne ainsi une tout autre ampleur au texte. Et, ouf, révélons le dénouement, tout est bien qui finit bien.
Voici un album plein de douceur qui permet d’évoquer la relation à l’animal domestique tout en affirmant le statut animalier, souvent oublié, de ce dernier. Une réussite.

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Grand Lapin, tu es là ?

Grand Lapin, tu es là ?, Émile Jadoul, Pastel, Titoumax, L’école des loisirs.

20170202_104413C’est l’heure d’aller se coucher pour Petit Lapin. Une histoire, des bisous, et au dodo. Mais Petit Lapin veut être certain que Grand Lapin reste bien derrière la porte de sa chambre. Et il vérifie ! « Tu es bien derrière la porte ? », veut-il sans cesse savoir. Sauf qu’à force de devoir y rester sans ne rien y faire… Grand Lapin finit par s’endormir.
Album sélectionné dans l’abonnement « Titoumax » de cette année chez L’école des loisirs, ce titre m’a immédiatement fait penser à Bonne nuit, ma cocotte, du même auteur. On retrouve l’enfant qui veut s’assurer que le parent est toujours bien présent pour veiller sur lui dans ce moment un peu angoissant que peut être le coucher. Je ne peux donc que constater que l’histoire est un peu redondante de la précédente : on change certes les personnages et la chute, mais le ressort narratif reste bien proche dans les deux histoires. Toutefois, le processus fonctionne : l’humour du dénouement provoque bien le rire et la redondance de la question assure l’adhésion à l’histoire. Encore une fois, Émile Jadoul parviendra sans nul doute à séduire les plus jeunes et à les combler au moment du coucher.

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Un monde de cochons

20170123_123236Louis est le nouveau de la classe. Ou plutôt, Louis est le nouveau LOUP dans une classe de cochons. Rejeté dès le début par une maitresse peu compréhensive et des camarades moqueurs, Louis fait heureusement la connaissance de Fanfan, un cochon fort sympathique. Et les deux compères deviennent amis. Mais voilà qu’un jour Louis est absent. Fanfan décide de lui rendre visite à son domicile…
Cette histoire est un véritable régal à chaque chapitre. Mario Ramos nous offre ici, comme toujours une histoire brillante et parfaitement bien construite. D’abord, le lecteur retient son souffle à la première lecture car il a peur que l’auteur joue des stéréotypes, puis des contre-stéréotypes, pour, peut-être, tenter un coup de théâtre. La montée en puissance du suspense est jubilatoire et parfaitement bien menée. Ensuite, ce livre aborde des sujets graves comme les moqueries et le harcèlement scolaire. On peut regretter que l’enseignante soit une vieille cruche sans cervelle mais ce choix sera corrigé dans le tome 2. Enfin, les lecteurs ne peuvent qu’adhérer à cette histoire pour tous les codes détournés et la construction parfaitement bien menée. On a, à chaque chapitre, une scène originale et attendrissante qui nous fait adorer les deux personnages.
Un monde de cochons : un livre à avoir dans toutes les bibliothèques !

Découvrez un extrait du début du livre lu à haute voix :