Pensée assise

Pensée assise, Mathieu Robin, Actes Sud Junior.

pensée assiseThéo a eu un accident et, depuis, il est en fauteuil. Et c’est bien pourri. Pas d’avantages, que des complications. Heureusement il rencontre LA fille. Mais même là, le bonheur est teinté d’un « mais ».
Ce personnage, on a envie de boire un verre avec lui et de l’entendre continuer à parler bien plus longtemps que durant les 19 chapitres du livre. Car Theo assume totalement ses pensées, critique, se met en colère. Bref, il vit, sans hypocrisie. Il constate les regards, les différences, il commente les gens, il se confie à nous et on se sent son meilleur ami. Pas de pathos dans ce récit, pas de faux espoirs, pas de faux message « Youhou le handicap c’est rien ». Non, le handicap, ça craint. Mais on n’en oublie pas pour autant d’être heureux. Allez rencontrer Théo, vous ne le regretterez pas.

Vestine, une légende noire

Vestine, une légende noire, Virginie Jouannet Rousset, Actes Sud Junior, D’une seule voix.

vestine-une-legende-noireVestine a une jambe de bois. Trace d’un passé. Dont il faut parler. Mais qu’il faut oublier ? Ou bien surtout pas ?
La thérapie est dure, les mots écorchent, l’avancée est difficile. Comment trouver les mots pour dire l’indicible ? Comment y lier le présent ? Déconstruit, le texte avance, à petits pas, boitillant, et intensément juste, forcément. Et nous, lecteurs, on peine à reprendre notre souffle. On découvre, on s’émeut, on s’identifie. Arrive alors le dénouement, une grande claque dont on gardera la trace longtemps.
Un court texte, fort, à lire nécessairement.

Ce qui ne nous tue pas

Ce qui ne nous tue pas, Antoine Dole, Actes Sud Junior.

ce qui ne nous tue pasLola a un problème avec ses parents. Alors c’est sûr, à l’école, son travail le montre. Heureusement, pour sortir de cette bulle de souffrance, Lola a une vieille dame qui, certes, perd la tête, mais lui apporte tellement !
L’histoire de Lola a deux faces : celle qui se déroule à l’école, celle qui a lieu avec la grand-mère. Et d’ailleurs, cela engendre naturellement deux types de narration : une plus intimiste que l’autre. Pourtant, l’émotion est pareillement palpable dans les deux types d’écriture qui se succèdent et se complètent. La suite, nous n’en dirons pas un mot, pour ne rien gâcher du plaisir de lecture. Si ce n’est que le plaisir, il est bien là. Et qu’il serait vraiment dommage de passer à côté.

Comment je me suis débarrassé de ma mère

Comment je me suis débarrassé de ma mère, Gilles Abier, Actes Sud Junior.

comment-je-me-suis-debarrassee-de-ma-mereGilles Abier nous offre ici un incroyable recueil de nouvelles où chacune d’elle dresse le portrait d’une mère totalement insupportable. Le plus souvent au travers du regard de l’ado qui doit subir cette mère très pénible, l’auteur met en scène des histoires incroyables aux chutes surprenantes.
Les mères sont pénibles, c’est un fait universel, mais celles-ci décrochent la palme d’excellence ! Entre la mère qui perd le contrôle de sa vie, celle qui veut à tout prix que sa fille excelle ou celle qui épie la vie de son enfant sur les réseaux sociaux : on a ici une multitude de tableaux dont la démesure accroche l’intérêt du lecteur tout en donnant envie de savoir quelle chute va punir la mère. Un plaisir jouissif de vengeance arrive alors au lecteur et les pages se tournent à une vitesse incroyable.
C’est un véritable coup de cœur pour ce fascinant recueil.
Pour vous allécher davantage encore, voici un extrait lu à haute voix de la seconde nouvelle « Ma manager » :